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Le cancer de la vulve est une tumeur maligne située généralement sur la face interne des grandes lèvres ou sur les petites lèvres. La vulve est la partie apparente externe des organes génitaux de la femme. Le vagin en est le prolongement.
Le cancer de la vulve n’est pas le plus fréquent des cancers gynécologiques. Cependant, quelques signes cliniques sont à surveiller afin de réaliser le diagnostic le plus tôt possible pour augmenter les chances de guérison. Voici tout ce qu’il faut savoir sur le cancer de la vulve.
La vulve est composée de plusieurs parties qui sont:
Les grandes lèvres
Les petites lèvres
Le clitoris
L’orifice urétral
L’orifice vaginal
Les glandes de Bartholin
Le périnée
L’orifice anal
Découvrir un bouton sur la lèvre génitale peut susciter de l’inquiétude, mais il est important de garder à l’esprit que la plupart de ces lésions sont bénignes et sans gravité. Toutefois, une évaluation médicale reste indispensable pour écarter toute pathologie sérieuse et recevoir le traitement approprié si nécessaire. Voici les étapes à suivre et les informations essentielles à connaître.
Un bouton sur la lèvre génitale peut avoir de nombreuses origines, et dans la grande majorité des cas, il ne s’agit pas d’un cancer. Les causes les plus fréquentes incluent :
En attendant votre consultation médicale, il peut être utile de noter certaines caractéristiques du bouton pour aider le médecin à poser un diagnostic :
Quelle que soit l’apparence du bouton, il est fortement recommandé de consulter un gynécologue, un dermatologue ou un médecin généraliste. Seul un professionnel de santé pourra établir un diagnostic précis à l’aide d’un examen clinique et, si nécessaire, d’examens complémentaires comme une biopsie.
La consultation devient urgente si vous remarquez l’un des signes suivants :
Il peut être tentant de percer ou de presser le bouton, mais cela peut aggraver l’inflammation, introduire des bactéries et provoquer une infection. De même, l’application de crèmes ou de remèdes maison sans avis médical peut retarder le diagnostic d’une pathologie plus sérieuse. Laissez toujours un professionnel de santé évaluer la lésion avant d’entreprendre tout traitement.
Bien que rare, un bouton persistant ou inhabituel sur la lèvre génitale peut parfois être le signe d’un cancer de la vulve ou d’une lésion précancéreuse. Les signes qui doivent alerter incluent un bouton qui ne guérit pas, qui saigne facilement, qui s’accompagne d’une modification de la couleur ou de la texture de la peau environnante, ou qui provoque des démangeaisons intenses et persistantes. Dans ces cas, une biopsie sera nécessaire pour confirmer ou infirmer la présence de cellules cancéreuses.
Il est important de rappeler que le dépistage précoce du cancer de la vulve améliore considérablement les chances de guérison. C’est pourquoi toute anomalie, même bénigne en apparence, mérite une consultation médicale.
Plusieurs signes cliniques peuvent alerter et doivent motiver une consultation auprès d’un gynécologue. Parmi les plus connus, on retrouve :
Lorsque le cancer de la vulve a atteint un stade avancé ou que la tumeur a commencé à s’étendre, on peut noter également :
La tumeur maligne se développe à la suite d’une évolution anormale de certaines cellules saines. L’étape intermédiaire, avant l’apparition d’un cancer, est appelée lésion précancéreuse ou encore néoplasie intraépithéliale vulvaire.
En fonction des cellules touchées, le cancer de la vulve peut être de plusieurs types. Les tumeurs épithéliales (90%) type carcinome épidermoïde, verruqueux ou basocellulaires sont de loin les plus fréquentes, mais il existe aussi des tumeurs cancéreuses glandulaires type maladie de Paget vulvaire ou adénocarcinome.
Dans de plus rares cas, la lésion concerne les glandes de Bartholin qui sont responsables de la lubrification du vagin. Le cancer est alors un adénocarcinome. La tumeur peut aussi dans de rares cas toucher les mélanocytes, responsables de la pigmentation de la peau. Le cancer est alors appelé mélanome vulvaire.
Le diagnostic du cancer de la vulve peut être un processus un peu long, car il est nécessaire de réaliser plusieurs examens pour être sûrs de la présence d’une tumeur cancéreuse. Le processus diagnostique doit être l’occasion d’éliminer d’autres pathologies pouvant expliquer la symptomatologie, avant d’entreprendre la prise en charge thérapeutique.
La première étape est la consultation auprès d’un gynécologue ou d’un chirurgien gynécologue. Lors de celle-ci, le praticien procède à un interrogatoire détaillé pour connaître les antécédents personnels médicaux et familiaux de la patiente ainsi que les symptômes relevés par cette dernière.
Puis, il réalise un examen clinique à l’aide d’un colposcope, pour inspecter la vulve. Il effectue également une biopsie, dont les échantillons de tissus prélevés sont envoyés en laboratoire d’anatomopathologie pour analyse.
Dans un second temps, en cas de suspicion de cancer de la vulve, le spécialiste prescrit des examens complémentaires dans le cadre d’un bilan d’extension. Il peut s’agir d’une prise de sang, d’une endoscopie, d’une radiographie des poumons, d’un Tep Scanner, d’une IRM, etc. Ces examens sont nécessaires pour vérifier l’étendue de la maladie et noter la présence d’éventuelles métastases.
L’apparition d’une petite boule sur les lèvres génitales peut être une source d’inquiétude pour de nombreuses femmes. Cependant, il est important de noter que toutes les masses ou protubérances ne sont pas nécessairement cancéreuses. En fait, il existe plusieurs causes bénignes pouvant expliquer la présence de ces bosses, dont les kystes sont les plus courants.
Une masse sur une lèvre extérieur génitale peut être aussi un kyste, le kyste est une excroissance en forme de sac remplie de liquide, d’air ou d’autres matières. Les kystes peuvent apparaître sur différentes parties du corps, y compris les lèvres génitales.
Les kystes sont généralement inoffensifs et ne provoquent pas de douleur. Certains sont si petits qu’ils passent inaperçus, tandis que d’autres peuvent atteindre une taille significative.
Il existe plusieurs types de kystes pouvant se former sur les lèvres génitales :
| Type | Cause | Apparence | Douleur | Traitement | Risque cancer |
|---|---|---|---|---|---|
| Kyste sébacé | Obstruction d’une glande sébacée | Bosse mobile, couleur chair, sous la peau | Non (sauf si infecté) | Surveillance ou drainage si gênant | Très faible |
| Folliculite | Inflammation d’un follicule pileux (rasage, épilation, bactérie) | Petit bouton rouge, similaire à l’acné | Modérée (irritation locale) | Antibiotique local, hygiène, éviter rasage | Nul |
| Kyste de Bartholin | Obstruction de la glande de Bartholin | Masse unilatérale à l’entrée du vagin | Variable (importante si abcès) | Drainage, marsupialisation ou antibiotiques | Très faible |
| Verrue génitale (condylome) | Infection par le virus du papillome humain (VPH) | Excroissance en relief, aspect « chou-fleur » | Non (rarement) | Cryothérapie, laser, crème (imiquimod) | Faible |
| Herpès génital | Infection par le virus herpès simplex (HSV-1 ou HSV-2) | Vésicules groupées, puis ulcérations | Oui (brûlure, picotements) | Antiviral (aciclovir, valaciclovir) | Nul |
| Lésion cancéreuse ou précancéreuse | Mutation cellulaire (HPV, âge, tabac, immunodépression) | Ulcère persistant, masse irrégulière, changement de couleur/texture | Variable (souvent indolore au début) | Biopsie, chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie | Élevé |
Le carcinome de la glande de Bartholin (CGB) est une pathologie cancéreuse extrêmement rare, se développant à partir des glandes de Bartholin situées à la base de la vulve. En raison de sa faible fréquence et de sa présentation souvent similaire à des pathologies bénignes, ce cancer est fréquemment mal diagnostiqué, entraînant des retards dans le traitement et un pronostic souvent défavorable. Ce guide structuré a pour but de fournir des informations complètes pour sensibiliser le public et les professionnels de santé.
Les glandes de Bartholin, aussi appelées glandes vestibulaires majeures, sont deux petites structures situées de part et d’autre de l’ouverture vaginale. Leur rôle principal est de sécréter un liquide lubrifiant pour faciliter les rapports sexuels. En général, ces glandes passent inaperçues sauf en cas de problème, comme une obstruction ou une infection.
Le carcinome de la glande de Bartholin est un type de cancer rare représentant une petite proportion des cancers de la vulve. Il est souvent diagnostiqué tardivement en raison de symptômes similaires à des affections bénignes, comme les kystes.
Les causes exactes sont encore mal comprises, mais certains facteurs augmentent le risque :
Etape 1 : Examen clinique et anamnèse. Évaluation des symptômes et antécédents médicaux.
Etape 2 : Biopsie, prélèvement de tissu pour analyse histologique.
Etape 3 : Imagerie médicale, échographie, scanner ou IRM pour évaluer la propagation locale et les métastases.
Le diagnostic rapide est essentiel pour limiter les retards dans la prise en charge.
L’approche chirurgicale est généralement privilégiée, comprenant l’ablation de la tumeur et des tissus environnants, ainsi que le retrait des ganglions lymphatiques si nécessaire.
La radiothérapie est utilisée en complément après la chirurgie pour éliminer les cellules cancéreuses résiduelles et peut également constituer une alternative chez les patients inopérables.
La chimiothérapie est indiquée dans les cas de métastases ou de récidive et est souvent utilisée en complément des autres traitements.
Le carcinome adénoïde kystique (CAK) de la glande de Bartholin est une autre tumeur rare, distincte du CGB. Bien que les deux partagent des similarités, le CAK est moins agressif mais présente des défis particuliers, comme une propension à la récidive et des difficultés de traitement.
Le diagnostic différentiel entre une pathologie bénigne (comme un kyste ou un abcès) et un carcinome de la glande de Bartholin est souvent complexe. Une attention accrue des professionnels de santé permettrait d’améliorer le dépistage et de réduire les retards dans le traitement.
Le carcinome de la glande de Bartholin est une pathologie complexe, exigeant une prise en charge multidisciplinaire. En l’absence de directives spécifiques, les traitements sont souvent inspirés des stratégies utilisées pour d’autres cancers de la vulve. Une meilleure sensibilisation des cliniciens et des patientes est essentielle pour optimiser le diagnostic précoce et améliorer les résultats.
La classification des stades du cancer de la vulve permet aux médecins de déterminer l’étendue de la maladie et d’adapter le traitement de manière optimale. Cette classification repose sur plusieurs critères : la taille de la tumeur, son niveau d’invasion dans les tissus voisins, et la présence ou non de métastases dans les ganglions lymphatiques ou d’autres organes. Comprendre ces stades est essentiel pour mieux appréhender le pronostic et les options thérapeutiques disponibles.
Le stade 1 du cancer de la vulve représente la forme la plus précoce de la maladie et offre les meilleures chances de guérison. À ce stade, la tumeur est confinée à la vulve ou au périnée et ne s’est pas encore propagée aux ganglions lymphatiques ni à d’autres organes. On distingue deux sous-catégories importantes au sein de ce stade :
La tumeur mesure 2 centimètres ou moins et n’a envahi les tissus sous-jacents que de manière superficielle, avec une profondeur d’invasion inférieure ou égale à 1 millimètre. Ce stade très précoce est généralement découvert lors d’examens gynécologiques de routine ou suite à l’apparition de symptômes légers comme des démangeaisons persistantes ou une petite lésion cutanée. Le pronostic à ce stade est excellent, avec des taux de survie à 5 ans dépassant 90% lorsque le traitement est mis en place rapidement.
À ce niveau, la tumeur peut également mesurer 2 centimètres ou moins, mais elle a pénétré plus profondément dans les tissus sous-jacents, avec une invasion supérieure à 1 millimètre. Bien que toujours confinée à la vulve, cette invasion plus profonde nécessite une surveillance accrue et peut impliquer une approche chirurgicale légèrement plus extensive pour s’assurer que toutes les cellules cancéreuses sont retirées.
| Stade | Taille tumeur | Invasion | Ganglions | Métastases | Taux survie 5 ans | Traitement principal |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1A | ≤ 2 cm | ≤ 1 mm | Non | Non | > 90% | Excision locale |
| 1B | ≤ 2 cm | > 1 mm | Non | Non | 80-90% | Vulvectomie partielle |
| 2 | Variable | Structures voisines (urètre, vagin, anus) | Non | Non | 60-80% | Chirurgie + radiothérapie |
| 3 | Variable | +/- structures voisines | Oui (aine) | Non | 40-60% | Chirurgie radicale + radio/chimiothérapie |
| 4 | Variable | Structures profondes (vessie, rectum, os) | +/- | Oui (organes distants) | 15-30% | Soins palliatifs + chimio/radiothérapie |
L’ensemble des résultats des bilans effectués permettent de connaître la nature exacte de la tumeur cancéreuse, sa structure, sa possible extension, et toutes les données nécessaires à l’élaboration du plan de traitement. L’équipe médicale prend également en compte l’âge de la patiente et son état de santé général. Les traitements du cancer de la vulve peuvent donc être différents d’une patiente à l’autre.
En règle générale, la chirurgie est le traitement de référence face à ce type de tumeur. Elle consiste à effectuer une vulvectomie radicale partielle ou totale, selon les caractéristiques de la tumeur. Elle peut être complétée par un recherche du ganglion sentinelle ou curage ganglionnaire si nécessaire, ou par l’ablation d’un ou des organes voisins (utérus, vagin…) en cas d’envahissement.
D’autres traitements peuvent compléter la chirurgie, en fonction de la décision prise lors de la réunion de concertation pluridisciplinaire. Parmi eux, la chimiothérapie ou la radiothérapie externe sont les plus fréquemment envisagés.
La chirurgie constitue le traitement principal du cancer de la vulve au stade 1. L’intervention chirurgicale vise à retirer la tumeur avec une marge de sécurité de tissu sain autour de celle-ci, une procédure appelée excision large locale. Dans certains cas de stade 1A, une simple excision peut suffire. Pour le stade 1B, les médecins peuvent recommander une vulvectomie partielle, qui consiste à retirer une portion plus importante de la vulve.
En complément, le médecin peut également procéder à l’évaluation du ganglion sentinelle. Cette technique moderne permet d’identifier et d’analyser le premier ganglion lymphatique susceptible d’être atteint par les cellules cancéreuses. Si ce ganglion est exempt de cancer, il est généralement inutile de retirer d’autres ganglions, ce qui limite les effets secondaires de la chirurgie comme le lymphœdème.
Au stade 2, la tumeur s’est étendue aux structures voisines de la vulve, comme le tiers inférieur de l’urètre, du vagin ou de l’anus, mais sans atteinte ganglionnaire. Le traitement combine généralement la chirurgie et la radiothérapie pour maximiser les chances de guérison. Le pronostic reste encourageant avec une prise en charge adaptée, même si les taux de survie sont légèrement inférieurs à ceux du stade 1.
Le stade 3 se caractérise par la présence de cellules cancéreuses dans les ganglions lymphatiques de l’aine, avec ou sans extension aux structures adjacentes comme l’urètre, le vagin ou l’anus. Le traitement est plus agressif et peut inclure une vulvectomie radicale, un curage ganglionnaire, ainsi qu’une radiothérapie et/ou une chimiothérapie adjuvante. Le pronostic dépend du nombre de ganglions atteints et de la taille de la tumeur primitive.
Le stade 4 représente le cancer de la vulve le plus avancé. On distingue le stade 4A, où la tumeur envahit des structures profondes comme la vessie, le rectum ou l’os pelvien, et le stade 4B, caractérisé par la présence de métastases à distance dans d’autres organes comme les poumons ou le foie. À ce stade, le traitement vise à contrôler la maladie et à préserver la qualité de vie, souvent par une combinaison de chimiothérapie, radiothérapie et soins palliatifs selon les cas.
Après le traitement d’un cancer de la vulve au stade 1, un suivi médical régulier est indispensable. Les patientes sont généralement invitées à consulter leur gynécologue ou oncologue tous les 3 à 6 mois durant les premières années, puis une fois par an. Ces consultations permettent de détecter rapidement toute récidive éventuelle et de surveiller la cicatrisation ainsi que la récupération fonctionnelle.
La qualité de vie après traitement peut être excellente, surtout lorsque la tumeur a été détectée et traitée précocement. Certaines patientes peuvent néanmoins ressentir des modifications au niveau de la sensibilité ou de l’apparence de la vulve, ainsi que des impacts sur leur vie sexuelle. Un accompagnement psychologique et sexologique peut s’avérer très bénéfique pour surmonter ces défis et retrouver une vie épanouie.
Comme pour toute lésion cancéreuse, il existe des facteurs de risque connus (dont la corrélation a pu être observée à travers la littérature médicale), et des facteurs de risque probables (dont on soupçonne le lien, mais pas de façon formellement identifiée).
Les facteurs de risque connus du cancer de la vulve sont :
Les facteurs de risque probables sont :