L’imagerie médicale joue un rôle déterminant dans le diagnostic précoce du cancer du péritoine, surtout lors du bilan d’extension. Elle permet de mettre en évidence des anomalies, parfois avant même l’apparition de premiers signes cliniques. Le scanner, l’IRM et le TEP-scanner constituent aujourd’hui les techniques de référence pour distinguer les formes tumorales des atteintes inflammatoires ou infectieuses.
Le péritoine est une membrane séreuse composée de deux feuillets : l’un tapisse la cavité abdominale, l’autre enveloppe les viscères. Entre eux, des replis et espaces interconnectés assurent la mobilité des organes. Cette structure complexe facilite la diffusion des cellules tumorales d’un organe à l’autre et rend le diagnostic du cancer péritonéal souvent difficile, surtout quand les lésions sont diffuses ou microscopiques.
On retrouve deux grandes catégories :
| Étape | Examen réalisé | Objectif | Déclencheur clinique |
|---|---|---|---|
| 1 | Scanner abdomino-pelvien avec injection | Détecter nodules, masses, ascite | Ascite inexpliquée / douleurs persistantes |
| 2 | IRM abdominale (séquences diffusion) | Préciser nature des lésions douteuses | Scanner peu contributif |
| 3 | TEP-scanner corps entier (FDG) | Évaluer la diffusion et les métastases | Suspicion d'extension à distance |
| 4 | Marqueurs tumoraux (CA 125 / CEA / CA 19-9) | Orienter vers l'origine du cancer | En complément de l'imagerie |
| 5 | RCP pluridisciplinaire | Définir la stratégie thérapeutique | Après synthèse de tous les résultats |
Les signes d’une tumeur du péritoine sont souvent peu spécifiques ce qui retarde parfois le diagnostic. Le symptôme le plus courant est le gonflement progressif de l’abdomen lié à une ascite (accumulation de liquide dans la cavité abdominale). Elle s’accompagne souvent d’une sensation de pesanteur ou de gêne respiratoire lorsque le volume augmente.
D’autres signes cliniques peuvent apparaître :
Parfois, une hernie ombilicale ou inguinale nouvelle révèle la présence d’une carcinose péritonéale.
Cette atteinte peut être primitive, lorsqu’elle se développe directement sur le péritoine, ou secondaire à un cancer digestif (côlon, estomac, pancréas) ou gynécologique (ovaire). Dans tous les cas, l’association d’une ascite inexpliquée, de douleurs abdominales persistantes et d’une perte de poids inexpliquée doit motiver la réalisation d’un scanner abdomino-pelvien ou d’une IRM pour en rechercher la cause.
Une ascite sans cause hépatique évidente doit toujours faire envisager une origine tumorale et justifie un bilan d’imagerie. L’absence d’ascite n’exclut pas la maladie : certaines formes micronodulaires ne deviennent visibles qu’à un stade avancé.
Les examens d’imagerie permettent d’identifier les lésions péritonéales et de connaître leur extension. Le scanner abdomino-pelvien est l’examen de référence. L’IRM abdominale et le TEP-scanner corps entier permettent ensuite de compléter le bilan selon les résultats.
| Technique | Rôle principal | Avantage clé | Limite | Indication prioritaire |
|---|---|---|---|---|
| Scanner abdomino-pelvien | Examen de référence en 1ère intention | Détecte nodules et épaississements | Peut manquer les lésions microscopiques | Bilan initial systématique |
| IRM abdominale | Analyse fine de la densité tissulaire | Séquences de diffusion (tumeur vs inflammation) | Moins accessible, plus long | Scanner peu contributif ou doute lésionnel |
| TEP-scanner (FDG) | Imagerie anatomique et fonctionnelle | Détecte l'hyperactivité métabolique | Ne remplace pas l'analyse morphologique | Évaluation de la diffusion à distance |
Le scanner abdomino-pelvien met en évidence les nodules, les épaississements ou des masses siégeant sur le péritoine. Les reconstructions multiplans et la connaissance des sites de prédilection des implants tumoraux améliorent la sensibilité. L’injection de produit de contraste iodé aide à différencier les structures et à repérer les zones suspectes.
L’équipe du Centre HORG exploitera ces données d’imagerie, notamment via le scanner de centrage, pour ajuster avec précision les volumes cibles avant irradiation
L’IRM offre une lecture plus fine de la densité tissulaire. Les séquences de diffusion distinguent les infiltrations tumorales des phénomènes inflammatoires. Cet examen est privilégié lorsque le scanner est peu contributif ou en cas de doute sur une lésion localisée.
Le TEP-Scan corps entier combine une imagerie anatomique et fonctionnelle. Il met en évidence les zones d’hyperactivité métabolique liées à la tumeur même en l’absence d’anomalie morphologique visible. Le TEP-scan au fluorodésoxyglucose (FDG) peut être indiqué pour évaluer la diffusion tumorale à distance, repérer d’éventuelles localisations secondaires (métastases) dans le cadre d’une maladie oligométastatique et déterminer la stratégie thérapeutique.
Certaines carcinoses péritonéales diffuses ou micronodulaires peuvent passer inaperçues au scanner. Dans ces cas, l’IRM ou le TEP-scanner deviennent indispensables pour poser un diagnostic précoce.
Au Centre HORG, les bilans sont interprétés en RCP en corrélation avec les résultats d’imagerie et l’ensemble du dossier.
Comme évoqué précédemment, le péritoine peut être atteint par deux formes de tumeurs péritonéales.
Les carcinoses péritonéales secondaires, aussi appelées métastases péritonéales, proviennent de la dissémination de cellules cancéreuses à partir d’un organe voisin (côlon, estomac, pancréas, ovaire ou plus rarement sein).
Les carcinoses péritonéales dites primitives sont beaucoup plus rares et qui regroupent le pseudomyxome péritonéal, le mésothéliome péritonéal ou le carcinome péritonéal primitif.
Dans tous les cas, un diagnostic précoce va impacter directement le pronostic et la possibilité d’une prise en charge chirurgicale et oncologique combinée.
Oui. Le PET-scan mesure l'activité métabolique des cellules et aide à évaluer la diffusion de la maladie péritonéale, en complément de l'IRM ou du scanner.
La douleur liée au cancer péritonéal se manifeste généralement dans l'abdomen, de manière diffuse, parfois accompagnée d'une sensation de tension ou de gonflement.
L'IRM détecte mieux les petites anomalies et précise leur nature, mais le scanner est la première étape du diagnostic du cancer du péritoine.
Les marqueurs tumoraux (CA 125, CEA, CA 19-9) peuvent être dosés pour orienter la recherche d'une tumeur secondaire, notamment d'origine digestive ou ovarienne, mais ils ne remplacent pas l'imagerie pour établir le diagnostic.