Il n’existe pas un, mais plusieurs cancers de la peau, dont la prise en charge et le pronostic sont susceptibles de varier en fonction de multiples paramètres. Toutefois, il est un principe qui ne change pas : quel que soit le cancer en cause, un diagnostic précoce offre habituellement une meilleure prise en charge et un meilleur pronostic. Apprendre à surveiller les tout premiers symptômes de cancers cutanés et à éviter les facteurs de risques est donc essentiel.
Le cancer de la peau : les facteurs de risque
Différents facteurs peuvent accroître les risques de cancer de la peau. Parmi eux, l’exposition aux rayons du soleil est particulièrement significative. On estime, en effet, qu’environ deux tiers des cancers de la peau sont imputables aux UV, qu’ils soient naturels (soleil) ou artificiels (cabine de bronzage). Des coups de soleil intenses pendant l’enfance, même sporadiques, sont considérés comme d’importants facteurs favorisants. De même, une exposition régulière et prolongée au soleil (sans qu’il y ait forcément de coups de soleil) est également un facteur de risque.
D’autres facteurs individuels sont également à prendre en considération. Le type de peau et de cheveux entre en ligne de compte, les personnes aux cheveux sombres et à la peau claire étant considérées comme plus à risque. La présence de nombreux grains de beauté ou d’affections cutanées chroniques est aussi un facteur de risque. Enfin, les antécédents familiaux et médicaux de chaque personne peuvent impacter ses risques de développer un jour un cancer de la peau.
Le cancer de la peau fait partie des quelques pathologies cancéreuses dites « à bon pronostic », c’est-à-dire qui offrent de bonnes chances de guérison à long terme lorsqu’elles sont correctement prises en charge. Pour bénéficier d’une prise en charge efficace, il demeure essentiel de diagnostiquer au plus tôt la maladie, lorsqu’elle ne se trouve pas encore à un stade avancé. L’autodépistage, qui consiste à inspecter régulièrement sa peau à la recherche d’anomalies, devrait donc faire partie de la routine santé de chacun, surtout passé l’âge de 50 ans, alors que les risques de cancer de la peau sont accrus.
Diagnostic du cancer de la peau
Le diagnostic du cancer de la peau se fait habituellement à la suite d’une consultation chez un dermatologue, motivée par la présence d’une anomalie suspecte.
Le praticien, un dermatologue, procède à un examen visuel cutané complet à l’aide d’un dermatoscope devant toute lésion potentiellement suspecte, et à un questionnaire cherchant à recueillir des indices sur le potentiel malin de l’anomalie. Habituellement, une biopsie est pratiquée au moindre doute. Pour cause, les cancers de la peau étant localisés sur des tissus superficiels de l’organisme, la biopsie, qui consiste à prélever des cellules de la lésion suspecte, est relativement facile à pratiquer et sans danger pour le patient.
Au cours de la biopsie, un petit morceau de peau est prélevé pour être envoyé en laboratoire, où il est soumis à un examen anatomopathologique. Un spécialiste, l’anatomopathologiste, va ensuite examiner les cellules prélevées au microscope. En fonction de leur anatomie, il peut déterminer si elles sont cancéreuses, mais également en apprendre davantage sur le type de cancer en cause et le meilleur moyen de le prendre en charge.
Aux stades avancés de la maladie, des examens d’imagerie médicale peuvent être mobilisés pour rechercher des métastases, cellules tumorales disséminées dans l’organisme. C’est le bilan d’extension.
Symptômes du cancer de la peau
La détection précoce du cancer de la peau joue un rôle significatif dans son pronostic. Aussi, il est important de ne pas baisser sa garde et de ne pas négliger le potentiel létal de cette maladie au regard de ses statistiques de survie – au demeurant très encourageantes.
Sans paniquer outre mesure à la moindre anomalie, il est important d’examiner régulièrement sa peau à l’affût de tout symptôme de cancer cutané, surtout après l’âge 50 ans. Une consultation annuelle chez le dermatologue est recommandée afin de surveiller et dépister au plus tôt une anomalie cutanée.
Une petite plaie qui ne guérit pas, un nodule rosé, une croûte, une plaque luisante, une tâche brune ou rosée, un grain de beauté qui semble se transformer, ou une sensation de brûlure et/ou de démangeaison, même sans lésion visible, sont autant de symptômes qui doivent vous interpeller.
En cas d’anomalie ou d’évolution, il est important de consulter un dermatologue qui recherchera la cause du phénomène et sera à même de détecter une éventuelle pathologie cancéreuse.
Il n’existe pas de forme typique du mélanome de la peau, et ce dernier peut donc se manifester par une variété de symptômes divers.
La règle ABCDE du mélanome
Pour faciliter l’autosurveillance, les dermatologues s’appuient souvent sur la règle ABCDE, un repère simple pour repérer un grain de beauté ou une tache pigmentée qui mérite d’être montré(e). A comme asymétrie, B comme bords irréguliers, C comme couleur non homogène, D comme diamètre qui augmente (souvent au-delà de 6 mm, sans que ce soit une règle absolue), et E comme évolution (changement de taille, de forme, de couleur, de relief, ou apparition de symptômes comme saignement ou démangeaisons). Cette règle ne pose pas un diagnostic, mais aide à identifier les lésions à faire vérifier.
Une lésion susceptible d’être un mélanome est une lésion pigmentée de la peau :
- asymétrique
- avec des bords irréguliers
- de couleur inhomogène
- de diamètre > 6 mm
- évolutive dans sa taille (la lésion s’élargit), sa couleur ou son épaisseur
Caractère évolutif : le mélanome, comme tout cancer, évolue relativement rapidement. Aussi, une lésion cutanée, quel que soit son aspect, qui grossit et/ou change de quelque façon que ce soit doit vous pousser à consulter sans attendre.
Caractère anormal : le mélanome apparaît et se développe sur un laps de temps relativement court. Sa présence sur la peau est donc anormale, inhabituelle, au contraire d’autres lésions dont l’apparence peut être étonnante, mais qui seraient présentes depuis toujours.
Ainsi, une lésion (kyste, grain de beauté, etc.) qui n’évolue pas ou peu au fil des années ne doit pas être considérée comme anormale, même si son apparence n’est pas « normée ». Il demeure prudent de faire vérifier régulièrement toute lésion, même normale et non évolutive, par un dermatologue.
En définitive, l’important est de retenir qu’un cancer est avant tout une anomalie évolutive, pouvant prendre des aspects extrêmement variés d’une personne à une autre. La bonne chose à faire est donc de vous inspecter en observant et palpant votre peau pour bien connaître son aspect et sa texture habituels, y compris au niveau de toutes ses particularités (grains de beauté, cicatrices, etc.). Notez que le mot important ici est « habituel ». Mieux vous connaîtrez l’aspect et la texture habituels de votre peau, plus vous serez en mesure de détecter l’apparition d’une anomalie ou l’évolution d’une particularité.