Les cancers des voies aérodigestives supérieures regroupent des tumeurs malignes qui touchent des zones essentielles à la respiration, à l’alimentation et à la parole. En France, ils concernent principalement la bouche, le pharynx et le larynx, et la majorité des diagnostics est posée à un stade déjà évolué. La variété des localisations et l’apparition souvent tardive des symptômes peuvent en effet compliquer le diagnostic et la prise en charge.
Un cancer des voies aérodigestives supérieures (VADS) est une tumeur maligne qui se développe à partir des muqueuses de la partie haute des voies respiratoires et digestives. Il peut toucher :
Dans plus de 90 % des cas, il s’agit d’un carcinome épidermoïde issu des cellules superficielles de la muqueuse, un type histologique distinct de l’adénocarcinome. Ces cancers ont le plus souvent une évolution locale ou régionale, en cas d’atteinte possible des ganglions cervicaux.
Les cancers des VADS et les cancers ORL désignent les tumeurs de la bouche, tels que le cancer du pharynx, le cancer du larynx, ou encore du nez et des sinus.
Les cancers de la tête et du cou constituent un ensemble plus large, incluant aussi la thyroïde, certaines glandes salivaires et la peau.
Les cancers maxillo-faciaux, dont le cancer de la mâchoire, concernent plus spécifiquement la cavité buccale et les structures osseuses ou muqueuses associées.
Les cancers des VADS correspondent donc au « noyau principal » des cancers ORL, qui représentent la majorité des cancers de la tête et du cou.
| Localisation | Symptômes principaux | Facteurs de risque spécifiques |
|---|---|---|
| Cavité buccale | Plaie persistante, douleur locale | Tabac, alcool, lichen, HPV |
| Pharynx / Oropharynx | Gêne à la déglutition, ganglion cervical | Tabac, alcool, HPV |
| Larynx | Enrouement, modification de la voix | Tabac, alcool, amiante |
| Nasopharynx (cavum) | Nez bouché, perte auditive unilatérale | Virus Epstein-Barr (EBV) |
| Fosses nasales / Sinus | Obstruction nasale unilatérale, douleurs | Poussières de bois, formaldéhyde |
Certains facteurs de risque sont désormais bien connus :
La prévention repose sur la réduction des expositions connues, notamment le tabac et l’alcool mais aussi sur la vaccination des enfants pré-pubères contre le virus de l’HPV.
Une surveillance régulière de la cavité buccale, une hygiène dentaire adaptée et une consultation en cas de lésion persistante permettent d’identifier plus tôt certaines situations à risque.
Des plaques blanches ou rouges de la bouche qui persistent dans le temps doivent être évaluées, afin d’en préciser la nature et d’adapter la prise en charge si nécessaire.
Les symptômes peuvent rester discrets au début et varier ensuite selon la localisation :
Tout symptôme qui persiste au-delà de deux semaines doit inciter à consulter.
| Étape | Action | Objectif |
|---|---|---|
| 1. Consultation | Examen ORL spécialisé | Identifier une lésion suspecte |
| 2. Endoscopie | Exploration des voies aérodigestives | Visualiser la tumeur |
| 3. Biopsie | Prélèvement de tissu | Confirmer le diagnostic |
| 4. Imagerie | Scanner, IRM, TEP | Évaluer l'extension locale/à distance |
| 5. RCP | Réunion de Concertation Pluridisciplinaire | Définir la stratégie thérapeutique |
| 6. Traitement | Chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie | Traiter la tumeur |
| 7. Suivi | Oncologie + soins de support | Préserver la qualité de vie |
Le diagnostic repose sur un examen ORL spécialisé, complété par une endoscopie des voies aérodigestives supérieures avec biopsies. L’analyse anatomopathologique permet de confirmer la nature du cancer.
Un bilan d’imagerie (scanner, IRM, parfois TEP) permet d’évaluer l’extension locale, ganglionnaire et à distance, notamment en cas de maladie métastatique. Les résultats sont discutés en Réunion de Concertation Puridisciplinaire afin de définir la stratégie thérapeutique.
Dans certains cas, le cancer des VADS peut être reconnu comme maladie professionnelle notamment pour les cancers du larynx liés à une exposition à l’amiante ou le cancer de l’ethmoïde liés à une exposition aux poussières de bois
Le traitement dépend de la localisation, du stade et de l’état de santé général du patient. Il associe souvent plusieurs solutions :
Au centre HORG, les traitements sont définis lors de la RCP. Cette décision collégiale va permettre de personnaliser la planification de la radiothérapie afin d’adapter les doses aux volumes tumoraux et aux organes à préserver. L’équipe du centre assure également le suivi oncologique et l’intégration précoce des soins de support, qui sont indispensables à la qualité de vie pendant et après les traitements.
Les signes peuvent être discrets : lésion buccale persistante, douleur localisée, modification durable de la voix, gêne à la déglutition ou ganglion cervical indolore. C’est surtout la persistance au-delà de deux semaines qui doit conduire à une consultation.
Un enrouement qui dure plus de deux semaines, hors épisode infectieux, doit inciter à pousser les investigations ORL à la recherche d’une atteinte du larynx.
Oui. Un ganglion cervical qui augmente progressivement de volume, sans douleur ni contexte infectieux, peut traduire une atteinte liée à un cancer y compris un cancer des voies aérodigestives supérieures.
Une obstruction nasale unilatérale persistante, parfois associée à des douleurs ou des saignements, doit bénéficier d’une évaluation spécialisée des fosses nasales et des sinus.
Une perte de l’audition unilatérale ou des douleurs à une oreille peuvent révéler une otite séreuse, en lien avec un cancer du cavum, ou plus rarement des schwannomes vestibulaires.
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