Cancer de la vulve
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Le cancer de la vulve est une tumeur maligne située généralement sur la face interne des grandes lèvres ou sur les petites lèvres. La vulve est la partie apparente externe des organes génitaux de la femme. Le vagin en est le prolongement.
Le cancer de la vulve n’est pas le plus fréquent des cancers gynécologiques. Cependant, quelques signes cliniques sont à surveiller afin de réaliser le diagnostic le plus tôt possible pour augmenter les chances de guérison. Voici tout ce qu’il faut savoir sur le cancer de la vulve.
Cancer de la vulve: Anatomie
La vulve est composée de plusieurs parties qui sont:
Les grandes lèvres
Les petites lèvres
Le clitoris
L’orifice urétral
L’orifice vaginal
Les glandes de Bartholin
Le périnée
L’orifice anal
Les symptômes & traitements du cancer de la vulve
Cancer de la vulve – symptômes
Plusieurs signes cliniques peuvent alerter et doivent motiver une consultation auprès d’un gynécologue. Parmi les plus connus, on retrouve :
- des démangeaisons non calmées et qui durent
- une modification de l’apparence d’une partie de la vulve (changement de couleur, épaississement de la peau…)
- une masse d’apparition plus ou moins récente
- des douleurs ou picotements non calmés par la prise de médicaments ou qui s’intensifient
- une modification d’un grain de beauté situé sur la vulve
Cancer de la vulve avancé – symptômes
Lorsque le cancer de la vulve a atteint un stade avancé ou que la tumeur a commencé à s’étendre, on peut noter également :
- une masse bien visible
- des saignements anormaux
- des ganglions indurés ou enflés dans l’aine
- des douleurs au moment d’uriner ou lors des rapports sexuels
- de fortes démangeaisons
La tumeur maligne se développe à la suite d’une évolution anormale de certaines cellules saines. L’étape intermédiaire, avant l’apparition d’un cancer, est appelée lésion précancéreuse ou encore néoplasie intraépithéliale vulvaire.
En fonction des cellules touchées, le cancer de la vulve peut être de plusieurs types. Les tumeurs épithéliales (90%) type carcinome épidermoïde, verruqueux ou basocellulaires sont de loin les plus fréquentes, mais il existe aussi des tumeurs cancéreuses glandulaires type maladie de Paget vulvaire ou adénocarcinome.
Dans de plus rares cas, la lésion concerne les glandes de Bartholin qui sont responsables de la lubrification du vagin. Le cancer est alors un adénocarcinome. La tumeur peut aussi dans de rares cas toucher les mélanocytes, responsables de la pigmentation de la peau. Le cancer est alors appelé mélanome vulvaire.
Petite boule sur lèvre extérieure génitale – Dois-je m’inquiéter ?
L’apparition d’une petite boule sur les lèvres génitales peut être une source d’inquiétude pour de nombreuses femmes. Cependant, il est important de noter que toutes les masses ou protubérances ne sont pas nécessairement cancéreuses. En fait, il existe plusieurs causes bénignes pouvant expliquer la présence de ces bosses, dont les kystes sont les plus courants.
Petite boule sur la lèvre extérieure génitale : est ce forcément un cancer ?
Non, une masse sur une lèvre extérieur génitale peut être aussi un kyste, le kyste est une excroissance en forme de sac remplie de liquide, d’air ou d’autres matières. Les kystes peuvent apparaître sur différentes parties du corps, y compris les lèvres génitales.
Les kystes sont généralement inoffensifs et ne provoquent pas de douleur. Certains sont si petits qu’ils passent inaperçus, tandis que d’autres peuvent atteindre une taille significative.
Boule sur la lèvre extérieure génitale : les types de kystes possibles
Il existe plusieurs types de kystes pouvant se former sur les lèvres génitales :
- Kystes des glandes de Bartholin : Ces kystes se forment dans les glandes de Bartholin, situées de chaque côté de l’ouverture du vagin. Ces glandes produisent le liquide lubrifiant pour les lèvres vaginales. Un blocage dans ces glandes peut entraîner la formation d’un kyste rempli de liquide.
- Kystes d’inclusion : Il s’agit de petits kystes souvent situés dans la partie inférieure de la paroi vaginale. Ils sont l’un des types de kystes vaginaux les plus courants.
- Kystes du canal de Gartner : Ces kystes apparaissent lorsque les canaux embryonnaires ne disparaissent pas après la naissance. Ils peuvent se former plus tard dans la vie, créant des kystes vaginaux.
- Kystes müllériens : Ces kystes se développent à partir des structures laissées par le développement embryonnaire. Ils peuvent apparaître n’importe où sur les parois vaginales et contiennent souvent du mucus.
Boule sur la lèvre extérieure génitale : quand consulter un médecin ?
Il est essentiel de surveiller toute nouvelle protubérance ou masse sur les lèvres génitales et de consulter un professionnel de la santé pour un diagnostic précis. Bien que la plupart des kystes soient bénins, il est important de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une condition plus sérieuse.
Les signes nécessitant une consultation médicale sont les suivants :
- Douleur ou inconfort : Si la masse provoque de la douleur ou de l’inconfort.
- Augmentation de la taille : Si le kyste augmente rapidement en taille.
- Rougeur ou chaleur : Signes possibles d’infection.
- Sécrétions anormales : Écoulement de liquide inhabituel du kyste.
Une petite boule sur les lèvres génitales n’est pas toujours synonyme de cancer. Les kystes sont une cause fréquente et généralement bénigne de ces masses. Toutefois, il est toujours prudent de consulter un médecin pour écarter toute possibilité de condition plus grave et recevoir un traitement approprié si nécessaire.
Comprendre le carcinome de la glande de Bartholin : Une pathologie rare et délicate
Le carcinome de la glande de Bartholin (CGB) est une pathologie cancéreuse extrêmement rare, se développant à partir des glandes de Bartholin situées à la base de la vulve. En raison de sa faible fréquence et de sa présentation souvent similaire à des pathologies bénignes, ce cancer est fréquemment mal diagnostiqué, entraînant des retards dans le traitement et un pronostic souvent défavorable. Ce guide structuré a pour but de fournir des informations complètes pour sensibiliser le public et les professionnels de santé.
Qu’est-ce que la glande de Bartholin ?
Localisation et fonction
Les glandes de Bartholin, aussi appelées glandes vestibulaires majeures, sont deux petites structures situées de part et d’autre de l’ouverture vaginale. Leur rôle principal est de sécréter un liquide lubrifiant pour faciliter les rapports sexuels. En général, ces glandes passent inaperçues sauf en cas de problème, comme une obstruction ou une infection.
Problèmes fréquents des glandes de Bartholin
- Kyste de Bartholin : Accumulation de liquide due à une obstruction du canal.
- Abcès de Bartholin : Infection d’un kyste, entraînant douleur et gonflement.
Définition du carcinome de la glande de Bartholin
Le carcinome de la glande de Bartholin est un type de cancer rare représentant une petite proportion des cancers de la vulve. Il est souvent diagnostiqué tardivement en raison de symptômes similaires à des affections bénignes, comme les kystes.
Les symptômes, causes et facteurs de risque
- Présence d’une masse ou d’un gonflement unilatéral sur la vulve.
- Douleur ou gêne, notamment lors des rapports sexuels.
- Modifications de la peau vulvaire (rougeur, épaississement).
- Saignements ou écoulements anormaux.
Les causes exactes sont encore mal comprises, mais certains facteurs augmentent le risque :
- Âge avancé (souvent après 50 ans).
- Infection par le virus du papillome humain (VPH).
- Tabagisme chronique.
Diagnostic du carcinome de la glande de Bartholin
Etape 1 : Examen clinique et anamnèse. Évaluation des symptômes et antécédents médicaux.
Etape 2 : Biopsie, prélèvement de tissu pour analyse histologique.
Etape 3 : Imagerie médicale, échographie, scanner ou IRM pour évaluer la propagation locale et les métastases.
Le diagnostic rapide est essentiel pour limiter les retards dans la prise en charge.
Les 3 options de traitement du cancer de la glande de Bartholin
La chirurgie
L’approche chirurgicale est généralement privilégiée, comprenant l’ablation de la tumeur et des tissus environnants, ainsi que le retrait des ganglions lymphatiques si nécessaire.
La radiothérapie
La radiothérapie est utilisée en complément après la chirurgie pour éliminer les cellules cancéreuses résiduelles et peut également constituer une alternative chez les patients inopérables.
La chimiothérapie
La chimiothérapie est indiquée dans les cas de métastases ou de récidive et est souvent utilisée en complément des autres traitements.
Le carcinome adénoïde kystique (CAK) et ses différences
Le carcinome adénoïde kystique (CAK) de la glande de Bartholin est une autre tumeur rare, distincte du CGB. Bien que les deux partagent des similarités, le CAK est moins agressif mais présente des défis particuliers, comme une propension à la récidive et des difficultés de traitement.
Pourquoi une vigilance diagnostique est-elle cruciale ?
Le diagnostic différentiel entre une pathologie bénigne (comme un kyste ou un abcès) et un carcinome de la glande de Bartholin est souvent complexe. Une attention accrue des professionnels de santé permettrait d’améliorer le dépistage et de réduire les retards dans le traitement.
Le carcinome de la glande de Bartholin est une pathologie complexe, exigeant une prise en charge multidisciplinaire. En l’absence de directives spécifiques, les traitements sont souvent inspirés des stratégies utilisées pour d’autres cancers de la vulve. Une meilleure sensibilisation des cliniciens et des patientes est essentielle pour optimiser le diagnostic précoce et améliorer les résultats.
Les traitements du cancer de la vulve
L’ensemble des résultats des bilans effectués permettent de connaître la nature exacte de la tumeur cancéreuse, sa structure, sa possible extension, et toutes les données nécessaires à l’élaboration du plan de traitement. L’équipe médicale prend également en compte l’âge de la patiente et son état de santé général. Les traitements du cancer de la vulve peuvent donc être différents d’une patiente à l’autre.
En règle générale, la chirurgie est le traitement de référence face à ce type de tumeur. Elle consiste à effectuer une vulvectomie radicale partielle ou totale, selon les caractéristiques de la tumeur. Elle peut être complétée par un recherche du ganglion sentinelle ou curage ganglionnaire si nécessaire, ou par l’ablation d’un ou des organes voisins (utérus, vagin…) en cas d’envahissement.
D’autres traitements peuvent compléter la chirurgie, en fonction de la décision prise lors de la réunion de concertation pluridisciplinaire. Parmi eux, la chimiothérapie ou la radiothérapie externe sont les plus fréquemment envisagés.
Quels sont les facteurs de risque du cancer de la vulve ?
Comme pour toute lésion cancéreuse, il existe des facteurs de risque connus (dont la corrélation a pu être observée à travers la littérature médicale), et des facteurs de risque probables (dont on soupçonne le lien, mais pas de façon formellement identifiée).
Les facteurs de risque connus du cancer de la vulve sont :
- une Infection au virus du papillome humain (HPV),
- un antécédent personnel médical de lésion précancéreuse (néoplasie intraépithéliale vulvaire),
- un affaiblissement du système immunitaire (par exemple, en cas de traitement lié à une greffe d’organe ou au VIH),
- un antécédent personnel médical d’affection cutanée de la vulve (comme le lichen scléreux),
- un antécédent personnel médical de cancer du vagin, cancer du col de l’utérus, ou de l’anus.
Les facteurs de risque probables sont :
- la consommation de tabac régulière,
- un antécédent personnel médical de mélanome.
Le diagnostic du cancer de la vulve
Le diagnostic du cancer de la vulve peut être un processus un peu long, car il est nécessaire de réaliser plusieurs examens pour être sûrs de la présence d’une tumeur cancéreuse. Le processus diagnostique doit être l’occasion d’éliminer d’autres pathologies pouvant expliquer la symptomatologie, avant d’entreprendre la prise en charge thérapeutique.
La première étape est la consultation auprès d’un gynécologue ou d’un chirurgien gynécologue. Lors de celle-ci, le praticien procède à un interrogatoire détaillé pour connaître les antécédents personnels médicaux et familiaux de la patiente ainsi que les symptômes relevés par cette dernière.
Puis, il réalise un examen clinique à l’aide d’un colposcope, pour inspecter la vulve. Il effectue également une biopsie, dont les échantillons de tissus prélevés sont envoyés en laboratoire d’anatomopathologie pour analyse.
Dans un second temps, en cas de suspicion de cancer de la vulve, le spécialiste prescrit des examens complémentaires dans le cadre d’un bilan d’extension. Il peut s’agir d’une prise de sang, d’une endoscopie, d’une radiographie des poumons, d’un Tep Scanner, d’une IRM, etc. Ces examens sont nécessaires pour vérifier l’étendue de la maladie et noter la présence d’éventuelles métastases.