Cancer le plus fréquent chez l’homme, le cancer de la prostate est habituellement un cancer de bon pronostic, avec un taux de survie à 5 ans de 93...
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Le cancer de la prostate est le plus fréquent des cancers de l’homme, et l’un de ceux qui se soignent le mieux. Son traitement ne se décide pas seulement selon son stade. Il dépend surtout de son groupe de risque, qui combine l’extension de la tumeur, le taux de PSA et l’agressivité des cellules, ainsi que de l’âge et de l’état de santé du patient.
Le cancer de la prostate est le premier cancer de l’homme en France, avec près de 60 000 nouveaux cas estimés en 2018, dernières données disponibles.
La survie nette à 5 ans atteint 93 % pour les hommes diagnostiqués entre 2010 et 2015.
Près de 79 % des décès liés au cancer de la prostate surviennent après 75 ans, et la mortalité recule d’environ 2 % par an.
Il n’existe pas en France de dépistage organisé du cancer de la prostate. Les recommandations françaises privilégient une détection précoce individuelle, discutée avec le médecin selon l’âge, les antécédents et les souhaits de chacun. Elle repose sur le dosage du PSA dans le sang et le toucher rectal. Un PSA élevé ne signifie pas forcément un cancer, car un adénome ou une infection de la prostate peuvent aussi l’augmenter.
En cas de doute, une IRM de la prostate est recommandée avant les biopsies. Elle permet de cibler les zones suspectes. Les biopsies confirment ensuite le diagnostic et donnent le score de Gleason, aussi exprimé en grade ISUP de 1 à 5, qui mesure l’agressivité des cellules. Un bilan d’imagerie complémentaire recherche une extension aux ganglions ou aux os pour les tumeurs à risque plus élevé. Pour en savoir plus, voir notre page cancer de la prostate et notre article sur les stades du cancer de la prostate.
Le traitement est proposé en réunion de concertation pluridisciplinaire, qui réunit urologues, oncologues radiothérapeutes et oncologues médicaux. Pour un cancer localisé, les médecins classent la maladie en groupes de risque selon trois critères.
L’âge, les autres maladies, l’espérance de vie, le fonctionnement urinaire et sexuel avant traitement et les préférences du patient comptent aussi dans la décision. Il est possible de demander un second avis.
| Groupe | Critères habituels | Options de traitement les plus courantes |
|---|---|---|
| Faible risque | PSA inférieur à 10 ng/ml, Gleason 6 (ISUP 1) et tumeur peu étendue (T1 à T2a) | Surveillance active en premier choix. Chirurgie ou radiothérapie dans certains cas |
| Risque intermédiaire | PSA de 10 à 20 ng/ml, ou Gleason 7 (ISUP 2 ou 3), ou tumeur T2b | Chirurgie, ou radiothérapie avec parfois une hormonothérapie de courte durée. Curiethérapie dans des cas sélectionnés |
| Risque élevé et localement avancé | PSA supérieur à 20 ng/ml, ou Gleason 8 à 10 (ISUP 4 ou 5), ou tumeur étendue au-delà de la prostate | Radiothérapie associée à une hormonothérapie prolongée, ou chirurgie avec curage des ganglions dans des cas choisis |
| Métastatique | Atteinte des os, de ganglions à distance ou d'autres organes | Hormonothérapie associée à une hormonothérapie de nouvelle génération ou à une chimiothérapie, radiothérapie de la prostate ou des métastases selon les cas |
Classification simplifiée, dérivée de celle de D'Amico utilisée par les recommandations françaises. Le risque intermédiaire est souvent subdivisé en favorable et défavorable.
Pour les cancers localisés à faible risque, la surveillance active est le traitement de référence selon les recommandations de l’Association française d’urologie. Elle consiste à ne pas traiter immédiatement un cancer qui évolue très lentement, tout en le surveillant de près, avec des dosages réguliers du PSA, des IRM et de nouvelles biopsies si besoin. Un traitement est proposé si la maladie montre des signes d’évolution. Elle évite ainsi les effets secondaires d’un traitement qui n’aurait pas été nécessaire.
La prostatectomie totale retire la prostate et les vésicules séminales. Elle se fait aujourd’hui le plus souvent par cœlioscopie, assistée ou non par un robot. Pour les tumeurs à risque plus élevé, les ganglions du bassin sont aussi retirés et analysés. Ses principaux effets secondaires sont une fuite urinaire, souvent transitoire, et des troubles de l’érection. Une radiothérapie peut être proposée après l’opération selon les résultats de l’analyse ou l’évolution du PSA.
La radiothérapie externe peut être utilisée à tous les stades du cancer de la prostate, pour guérir un cancer localisé comme pour soulager des métastases.
La radiothérapie externe détruit les cellules cancéreuses grâce à des rayons produits par un accélérateur, qui traversent la peau sans douleur. La technique la plus utilisée est la radiothérapie avec modulation d’intensité, qui adapte la dose à la forme de la prostate pour épargner la vessie et le rectum. Le traitement comporte une séance par jour, cinq jours par semaine, pendant quelques semaines selon le protocole. Pour un cancer localisé, ses résultats sont comparables à ceux de la chirurgie.
La radiothérapie stéréotaxique délivre des doses plus fortes à chaque séance, avec une très grande précision. Le traitement de la prostate tient en général en cinq séances environ. Elle est utilisée pour certains cancers localisés, et dans des situations particulières de récidive, y compris après une première radiothérapie. Voir notre article sur le cancer de la prostate récidivant.
La curiethérapie est une radiothérapie interne. Des sources radioactives sont placées directement dans la prostate, ce qui concentre la dose sur la tumeur. Elle s’adresse à certains cancers localisés à faible risque ou à risque intermédiaire favorable, selon le volume de la prostate et l’état urinaire.
Pour les cancers à risque plus élevé, la radiothérapie est souvent associée à une hormonothérapie, dont la durée dépend du groupe de risque.
La plupart des cancers de la prostate sont stimulés par la testostérone. L’hormonothérapie bloque sa production ou son action, par des injections tous les un, trois ou six mois, parfois associées à des comprimés. Elle est prescrite pour une durée limitée en association avec la radiothérapie des cancers localisés à risque intermédiaire défavorable ou élevé. Au stade métastatique, elle est poursuivie au long cours. Ses effets secondaires les plus fréquents sont les bouffées de chaleur, la fatigue, la baisse de la libido, la prise de poids et la fragilisation des os.
La chimiothérapie est réservée aux formes métastatiques, en association avec l’hormonothérapie ou quand la maladie n’y répond plus. Les hormonothérapies de nouvelle génération, prises par la bouche, ont amélioré la survie des formes avancées. D’autres traitements ciblés existent pour certaines situations.
Au stade métastatique, le traitement associe en général une hormonothérapie classique à une hormonothérapie de nouvelle génération ou à une chimiothérapie. Une radiothérapie de la prostate peut être proposée quand les métastases sont peu nombreuses. La radiothérapie des métastases osseuses soulage les douleurs et prévient certaines complications. Pour en savoir plus, lisez notre article sur l’espérance de vie du cancer de la prostate de stade avancé.
| Traitement | Effets secondaires les plus fréquents | À savoir |
|---|---|---|
| Prostatectomie totale | Fuite urinaire, troubles de l'érection | La fuite urinaire s'améliore souvent dans les mois qui suivent. La rééducation périnéale aide |
| Radiothérapie externe ou stéréotaxique | Envies fréquentes d'uriner, brûlures, irritation du rectum pendant le traitement | Ces effets régressent le plus souvent après le traitement. Des troubles de l'érection peuvent apparaître progressivement |
| Curiethérapie | Gêne urinaire dans les semaines qui suivent | Risque faible de fuite urinaire |
| Hormonothérapie | Bouffées de chaleur, fatigue, baisse de la libido, prise de poids, fragilité osseuse | Activité physique et suivi osseux recommandés pendant le traitement |
Pour limiter les effets de la radiothérapie, voir aussi nos articles sur la réduction des effets secondaires et les troubles de la miction après radiothérapie.
Après le traitement, le suivi repose surtout sur le dosage régulier du PSA, associé à une consultation. Il est plus rapproché les premières années, puis s’espace. Après une prostatectomie, le PSA devient normalement indétectable. Après une radiothérapie, il baisse progressivement jusqu’à un niveau bas. L’imagerie n’est pas systématique et se fait en cas de remontée du PSA ou de symptômes. Le suivi permet aussi de prendre en charge les effets secondaires urinaires, sexuels ou digestifs, avec l’aide des soins de support. Voir notre page suivi du cancer de la prostate.
Oui, dans la majorité des cas. Le cancer de la prostate est l’un des cancers de meilleur pronostic, car il est souvent découvert localisé et évolue lentement. En France, la survie nette à 5 ans est de 93 % pour les hommes diagnostiqués entre 2010 et 2015, et elle a fortement progressé depuis 1990. Ces chiffres sont des moyennes. Le pronostic de chaque patient dépend de son groupe de risque, de son âge et de sa réponse aux traitements.
Au stade métastatique, la maladie ne se guérit généralement pas, mais elle se contrôle de plus en plus longtemps grâce aux hormonothérapies de nouvelle génération et à l’association des traitements.
Une récidive se détecte le plus souvent par une remontée du PSA, avant tout symptôme. On parle alors de récidive biologique. Des examens d’imagerie, dont le TEP scanner, recherchent l’endroit où la maladie est revenue. Le risque de récidive est plus élevé quand le Gleason est élevé, que la tumeur dépassait la prostate ou que des ganglions étaient atteints.
Il n’y a pas de traitement meilleur pour tous. Le choix dépend du groupe de risque, de l’âge, de l’état de santé et des préférences du patient. Pour un cancer localisé, la chirurgie et la radiothérapie donnent des résultats comparables, avec des effets secondaires différents.
Non. Pour un cancer localisé à faible risque, la surveillance active est le traitement de référence selon les recommandations françaises. Elle évite des effets secondaires inutiles, tout en permettant de traiter si la maladie évolue.
Cela dépend de la technique. Une radiothérapie externe classique comporte une séance par jour, cinq jours par semaine, pendant plusieurs semaines. Une radiothérapie stéréotaxique se fait en général en cinq séances environ.
Elle peut en provoquer, le plus souvent de façon progressive dans les mois ou les années qui suivent, surtout si une hormonothérapie est associée. Le risque d’incontinence est en revanche plus faible qu’après une chirurgie. Des traitements existent pour ces troubles.
Oui, le plus souvent, quand il est localisé. En France, la survie nette à 5 ans est de 93 % pour les hommes diagnostiqués entre 2010 et 2015. Au stade métastatique, la maladie se contrôle de mieux en mieux, sans guérison définitive dans la plupart des cas.
On parle de récidive biologique. Des examens d’imagerie recherchent l’origine de la remontée. Après une chirurgie, une radiothérapie de rattrapage précoce est recommandée. Après une radiothérapie, d’autres options locales ou une hormonothérapie se discutent.
Pas toujours. Associée à la radiothérapie, elle est souvent donnée pendant une durée limitée, de quelques mois à quelques années selon le risque. Au stade métastatique, elle est en général poursuivie au long cours.
Cancer le plus fréquent chez l’homme, le cancer de la prostate est habituellement un cancer de bon pronostic, avec un taux de survie à 5 ans de 93...
Le cancer de la prostate est l’un des cancers les plus fréquents chez les hommes. Si son dépistage précoce permet d’envisager des traitements...
La radiothérapie pour le cancer de la prostate comporte des risques d’effet secondaire pour les tissus voisins, notamment le rectum.
Le cancer étant une maladie évolutive, la classification de ses stades d’évolution, à savoir de son étendue dans l’organisme du patient au moment de son diagnostic, est un facteur de pronostic majeur, ainsi qu’un critère essentiel de l’élaboration du protocole traitement le mieux adapté au cas par cas.
La radiothérapie du cancer de la prostate peut provoquer des troubles de la miction précoces ou tardifs, de gravité variable de plus en plus rares grâce à l’amélioration constante des protocoles de traitements et des techniques d’irradiation.
Le cancer de la prostate récidivant est longtemps resté dans une impasse thérapeutique, laissant les patients démunis, avec peu d’options de...