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Le cancer de la prostate est le cancer le plus répandu chez les hommes en France. Bien qu’il soit le premier cancer en termes d’incidence, il n’est qu’au troisième rang des causes de décès par cancer.

En effet, c’est un cancer à très bon pronostic, qui présente un taux de survie à 5 ans de 93%.

La démocratisation des tests de dépistage permettant de diagnostiquer la maladie à un stade précoce de son évolution pourrait expliquer en partie son excellent pronostic.

L’évolution de la médecine oncologique, qui a permis de voir naître des traitements efficaces pour les pathologies de stade avancé auparavant difficiles à traiter, joue également un rôle important dans le pronostic très positif de la maladie.

Le cancer de la prostate, c’est quoi ?

Le cancer de la prostate est une tumeur maligne qui se développe à partir des cellules de l’organe prostatique. La prostate est un organe de l’appareil reproducteur et urinaire masculin.

Le propre d’une tumeur maligne étant de proliférer continuellement de manière anarchique et incontrôlable, le cancer de la prostate est susceptible de s’étendre en dehors de son site de développement initial et de se métastaser pour atteindre des organes plus lointains.

Toutefois, l’évolution du cancer de la prostate vers un stade métastatique demeure relativement rare. Il s’agit en effet d’une tumeur peu agressive, qui a tendance à évoluer lentement.

De fait, le cancer de la prostate est habituellement pris en charge avant l’apparition de métastases. Il est également commun que le patient décède d’une autre cause avant que son cancer n’atteigne ce stade, car c’est une maladie qui touche essentiellement les personnes âgées.

Le cancer de la prostate en France

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En France, le cancer de la prostate représente 25 % de tous les cancers masculins. Il s’impose ainsi comme le cancer le plus répandu chez les français, mais ne se trouve qu’au troisième rang des causes de mortalité par cancer.

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L’âge moyen des patients au moment du diagnostic est de 68 ans, l’âge moyen au décès s’élève à 83 ans. La survie à 5 ans est excellente, avec un taux de 93%. Celui-ci baisse toutefois à 80% à 10 ans.

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Il s’agit d’un cancer qui affecte davantage les personnes âgées, les deux tiers des patients atteints ayant plus de 65 ans.

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Par ailleurs, près de 80 % des patients qui décèdent du cancer de la prostate sont âgés de plus de 75 ans.

La démocratisation massive des tests de dépistage permettant de diagnostiquer au plus tôt le cancer de la prostate a eu un impact considérable sur son protocole de prise en charge et son pronostic.

À l’heure actuelle, 80 % de ces cancers sont diagnostiqués à un stade précoce qui permet de les traiter très efficacement. Les thérapies sont satisfaisantes, l’évolution de la maladie est lente et les récidives sont rares, ou très tardives.

Les différents types de cancers de la prostate

Le cancer de la prostate est habituellement un adénocarcinome qui se développe à partir des cellules glandulaires de la prostate. Ce type de cancer représente 95 % de tous les cancers prostatiques rencontrés.

De manière plus anecdotique, on peut également observer des tumeurs rares de la prostate. Le carcinome urothélial, aussi nommé carcinome transitionnel, se développe normalement dans la vessie, mais peut parfois se loger au niveau de la prostate.

Il existe également des sarcomes de la prostate, des tumeurs carcinoïdes, des carcinomes épidermoïdes, ou encore, des carcinomes à petites cellules.

Le dépistage du cancer de la prostate

Le dépistage du cancer de la prostate vise à rechercher précocement tout signe d’une tumeur cancéreuse afin de la traiter au plus tôt, avant que son évolution ne rende plus complexe une prise en charge efficace.

En effet, plus la maladie est traitée tôt, meilleur est le pronostic du patient. Par ailleurs, une prise en charge précoce permet également d’utiliser des thérapies moins invasives, occasionnant moins de séquelles invalidantes.

Il existe deux examens de dépistage du cancer de la prostate qui font référence : le toucher rectal et le taux de PSA.

Le toucher rectal vise à palper la prostate afin d’en apprécier le volume et la forme. Cela peut permettre de détecter au toucher des masses anormales, pouvant être cancéreuses, précancéreuses ou bénignes.

Des examens complémentaires sont ensuite nécessaires pour caractériser la nature de ces masses, et avérer ou infirmer leur potentiel cancéreux.

La mesure du taux de PSA (Antigène Spécifique de la Prostate) peut également alerter sur une possible pathologie cancéreuse.

Le PSA est une substance produite par les cellules prostatiques. Si le taux de PSA dans le sang augmente, cela pourrait signifier que les cellules prostatiques se sont multipliées, ce qui est le cas lors du développement d’une tumeur.

Il est important de noter que le toucher rectal et la mesure du taux de PSA sont susceptibles de produire des faux positifs.

De nombreuses pathologies, le plus souvent bénignes, tel qu’une hypertrophie bénigne de prostate (ou adénome), une infection urinaire (ou prostatite), peuvent engendrer une augmentation du taux de PSA dans le sang.

Les faux négatifs (absence de masse au toucher et/ou faible taux de PSA alors qu’une tumeur cancéreuse est bel et bien présente) existent également.

En tout état de cause, des examens de dépistage positifs doivent donner lieu à d’autres examens plus approfondis pour permettre au praticien de poser un diagnostic de cancer de la prostate.

Diagnostic du cancer de la prostate

Le diagnostic du cancer de la prostate débute habituellement par un examen clinique motivé par des symptômes ou par une volonté du patient de se faire dépister.

Un toucher rectal et une mesure du taux de PSA sont souvent pratiqués dans un premier temps, si le praticien n’a pas de forts soupçons de pathologie cancéreuse – auquel cas il est probable qu’il passe cette étape.

Si ces tests de dépistage reviennent positifs, ou s’ils reviennent négatifs, mais que les symptômes et/ou le doute persistent, de nouveaux examens seront pratiqués.

Des examens d’imagerie médicale sont également inévitables, notamment une IRM prostatique, qui permet à la fois d’avoir une image de la prostate, mais également de faire un bilan loco-régionnal et de guider des biopsies.

La biopsie permet de prélever quelques cellules de la masse cancéreuse pour les analyser en laboratoire. C’est l’analyse en laboratoire, nommée examen anatomopathologique, qui permettra d’observer les cellules au microscope pour déterminer si elles sont de nature cancéreuse ou non.

L’examen anatomopathologique permet également d’obtenir d’autres informations, telles que le stade d’évolution de la tumeur, son grade (score de Gleason), son agressivité, sa nature, autant d’éléments qui orienteront vers les protocoles thérapeutiques les plus efficaces pour la traiter.

Le cancer de la prostate est une maladie particulièrement répandue en France, mais elle demeure heureusement parmi les moins sévères de toutes les pathologies cancéreuses.

Bien que les tests de dépistage puissent être intéressants pour diagnostiquer la maladie au plus tôt, leur utilité est parfois discutée, car leur impact sur la survie globale des patients semble faible.

Par ailleurs, elles peuvent être une source d’anxiété conséquente chez le patient, notamment en cas de faux positifs (relativement communs) qui entrainent le patient dans un parcours de diagnostic long, souvent pénible.

Si vous hésitez à vous faire dépister pour le cancer de la prostate, il est donc essentiel d’en discuter avec votre médecin traitant pour connaître tous les avantages et les inconvénients de cette démarche avant de vous lancer.

Cancer de la prostate : les traitements actuels

Le cancer de la prostate fait partie des pathologies cancéreuses qui se traitent plutôt bien. Différentes thérapeutiques sont habituellement possibles, et le protocole le mieux adapté est évalué au cas par cas en fonction de chaque patient.

Bien que l’on retrouve typiquement les trois armes thérapeutiques communément utilisées dans la lutte contre le cancer (chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie), il est aussi commun de ne pratiquer qu’une surveillance active.

L’hormonothérapie fait également figure d’alternative thérapeutique plus « douce », offrant un traitement plus facilement supporté par le patient, et d’une très bonne efficacité.

La surveillance active

Bien qu’il ne s’agit pas d’un traitement physique à proprement parler, elle fait partie de la prise en charge thérapeutique des cancers de la prostate.

Elle est réservée aux cancers localisés de faibles risques sans extension extra-prostatique.

Elle repose sur une surveillance régulière du PSA et de l’IRM prostatique. Elle peut nécessiter la réalisation de nouvelles de biopsies prostatiques afin d’écarter tout signe d’évolutivité des cellules cancéreuses.

Traitement par chirurgie oncologique du cancer de la prostate

L’intervention de chirurgie oncologique de référence dans la prise en charge du cancer de la prostate est une prostatectomie totale, c’est-à-dire une ablation complète de la prostate.

À l’heure actuelle, l’opération peut être effectuée à l’aide de techniques chirurgicales mini-invasives qui ne causent que peu de séquelles tel que la chirurgie robotique.

Les ganglions lymphatiques sont également ôtés pour les tumeurs à plus « hauts risques » au cours de l’intervention. Ils sont analysés en laboratoire afin d’orienter le reste de la prise en charge.

Elle est généralement indiquée en cas de cancer localisé à la prostate, de manière exclusive. Elle peut également s’intégrer dans le cadre d’une prise en charge multimodale, avec la radiothérapie.

Traitement du cancer de la prostate par radiothérapie

La radiothérapie est une des thérapies de référence pour traiter le cancer de la prostate. Elle peut intervenir pour prendre en charge différents types de tumeurs, quels que soient leurs stades d’évolution et leur grade.

Depuis peu, les innovations technologiques permettent également de traiter les cancers de la prostate récidivants, qui ne bénéficiaient jusqu’alors que de peu d’alternatives curatives.

Il existe différentes techniques de radiothérapie : la radiothérapie externe, la curiethérapie et la radiothérapie stéréotaxique.

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La radiothérapie externe peut être utilisé à tous les stades du cancer de la prostate.

C’est un traitement non invasif qui consiste à irradier les cellules cancéreuses par l’intermédiaire d’accélérateur linéaire de particules. Les radiations ionisantes passent, pour ce faire, à travers la peau et les tissus du patient pour se focaliser sur le volume tumoral.

Les séances sont rapides et indolores, mais peuvent occasionner des effets secondaires généralement transitoires, réversibles et tolérables par le patient. Les effets tardifs et durables sont relativement rares.

Le traitement de radiothérapie externe s’étale sur une période allant de 4 à 8 semaines, en fonction des caractéristiques histologiques du cancer et de ses éventuelles extensions loco-régionnales, ceci afin de préserver au mieux les tissus sains voisins.

Si la radiothérapie externe avec modulation d’intensité est la plus répandue, c’est essentiellement du fait de sa grande accessibilité. La plupart des centres de radiothérapie sont équipés des appareils nécessaires à ce traitement et ont de l’expérience dans sa mise en œuvre.

La curiethérapie pour traiter le cancer de la prostate

La curiethérapie est une technique de radiothérapie interne. Elle permet de traiter des tumeurs localisées de la prostate.

Elle consiste à mettre en place des implants radioactifs directement au contact de la tumeur cancéreuse.

La zone irradiée est ainsi restreinte, ce qui permet de réduire les effets secondaires du traitement, tout en conservant une grande efficacité.

La radiothérapie stéréotaxique pour traiter le cancer de la prostate

La radiothérapie stéréotaxique, quant à elle, apporte de réelles innovations dans la prise en charge du cancer de la prostate, et notamment des cancers localisés et des cancers récidivants.

En effet, elle peut être administrée à un patient ayant déjà subi une radiothérapie externe « classique » ou une curiethérapie.

Sa grande précision épargne au maximum les tissus sains et permet d’administrer des doses de radiations ionisantes plus importantes aux cellules cancéreuses comparativement aux techniques plus « classiques » de radiothérapie externe.

Les effets secondaires du traitement sont moins importants, si bien qu’on la compare volontiers à la chirurgie. On qualifie parfois la radiothérapie stéréotaxique de radiochirurgie.

Les différentes techniques d’irradiation pouvant également être combiné entre elle (par exemple une radiothérapie externe avec modulation d’intensité avec une curiethérapie ou une radiothérapie stéréotaxique).

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Pour les cancers à plus hauts risques, la radiothérapie peut être associée à une hormonothérapie, afin d’augmenter l’efficacité thérapeutique.

Hormonothérapie du cancer de la prostate

La plupart des cancers de la prostate sont hormonodépendants, c’est-à-dire qu’ils réagissent aux hormones sexuelles masculines.

L’hormonothérapie permet de stopper ou de réduire la production d’hormones sexuelles (la testostérone) qui agissent comme des facteurs de croissance sur les tumeurs cancéreuses prostatiques.

Il existe différents traitements hormonaux pouvant être mis en œuvre pour ralentir ou stopper l’évolution d’un cancer de la prostate : on parle alors de « castration chimique », qui est réversible à l’arrêt de cette dernière. L’alternative étant une castration chirurgicale (par ablation des testicules).

Dans le cadre des tumeurs évolués ou métastatiques, le cancer de la prostate peut cesser de répondre à l’hormonothérapie. Il convient alors d’opter pour un autre traitement, tel que les hormonothérapies de nouvelle génération ou la chimiothérapie. Une radiothérapie stéréotaxique ou classique peut être proposée en complément de ces traitements.

Chimiothérapie du cancer de la prostate

Il est relativement exceptionnel d’avoir recours à la chimiothérapie dans la prise en charge initiale du cancer de la prostate.

En effet, ce traitement est habituellement réservé aux pathologies agressives, présentant un risque de récidive élevé assorti à une évolution relativement rapide.

Le cancer de la prostate ne répond habituellement pas ces critères. C’est une maladie qui évolue habituellement lentement, et rarement diagnostiqué au stade métastatique d’emblée.

La chimiothérapie peut toutefois être mise en œuvre quand le cancer a été diagnostiqué tardivement ou lorsqu’il ne répond plus à l’hormonothérapie.

 

Le cancer de la prostate est une pathologie qui offre de nombreuses alternatives thérapeutiques. Avec l’évolution de la médecine oncologique, ces dernières ne font, en outre, que se multiplier.

L’avènement de la radiothérapie stéréotaxique, notamment, apporte une prise en charge révolutionnaire des cancers de la prostate récidivants.

Bien que l’annonce d’un cancer soit toujours difficile à entendre, il est important de garder espoir. Il s’agit d’un cancer qui se soigne ou se contrôle habituellement très bien, et même de mieux en mieux.

Cancer de la prostate : quels traitements en fonction de son étendue ?

Selon son étendue et son stade d’évolution, il existe différentes options de traitements. Afin de déterminer cela, le cancer de la prostate est caractérisé selon plusieurs critères et facteurs pronostiques :

  • Son stade TNM regroupant :
    • Le T (Tumor volume) représentant la taille tumorale et son atteinte éventuelle aux organes adjacents, notamment les vésicules séminales ou encore la vessie.
    • Le N (Node) représentant une éventuelle extension aux ganglions lymphatiques.
    • Le M (Metastasis) représentant une éventuelle atteinte aux organes à distances, avec notamment au niveau des os.
  • Son score de Gleason déterminant le degré d’agressivité de la tumeur. Celui-ci est constitué par l’association de deux chiffres, le premier représenté par le grade le plus présent, et le second par le grade le plus élevé.
  • Le Taux de PSA (Prostatic Specific Antigen) qui, comme son nom l’indique, est spécifique à la prostate, mais qui, en association aux autres critères, oriente sur le pronostic de la maladie.
  • L’âge du patient ainsi que ses comorbidités sont bien évidemment également pris en compte lors du choix de traitement.

Après exploration de l’ensemble de ces critères, le cancer de prostate peut être globalement divisé en 3 grands groupes :

  • Le cancer de prostate localisé à faible risque
  • Le cancer de prostate localisé à risque intermédiaire
  • Le cancer de prostate métastatique

Selon le groupe, différentes options de traitements sont possibles à savoir des traitements locaux à visée curative, donc de guérison, dans le cas des cancers localisés, ou des traitements systémiques plus généraux, pour les cancers avancés, à visée plus palliative.

Le traitement du cancer de la prostate localisé à faible risque

On considère un cancer de prostate à faible risque lorsqu’il est localisé à la prostate, sans atteinte ganglionnaire ou à distance, avec un PSA faible (à priori inférieur à 10ng/ml), avec un score de Gleason de 6, voire de 7(3+4).

Effectivement, l’ensemble de ces facteurs permet d’envisager un traitement curatif pouvant être :

  • Une prostatectomie radicale : exérèse (ablation chirurgicale) complète. Cette option est le traitement de référence des cancers de prostate localisé à faible risque. Les effets indésirables potentiels (principalement un risque d’incontinence urinaire et de dysfonction érectile) sont à évaluer avant toute intervention.
  • Une radiothérapie localisée est une alternative thérapeutique offrant le même taux de succès en termes d’éradication et de contrôle de la maladie. Elle est l’option principale en cas de contre-indication à une chirurgie du fait de comorbidités ou chez les sujets âgés à risque. Malgré quelques effets inflammatoires pendant le traitement (envie d’aller uriner plus souvent, possibilité de quelques brûlures urinaires), il n’est presque pas à risque d’induire une incontinence urinaire ou des troubles érectiles. A noter que le risque de cancer secondaire à long terme (plus de 15-20 ans après le traitement), est devenu très minime avec les techniques actuelles. Effectivement, la radiothérapie peut être réalisée selon différentes techniques en fonction des critères et du contexte ; le choix le plus adapté selon la situation sera présenté par l’oncologue-radiothérapeute, à savoir :
    • Une curiethérapie, consistant en une radiothérapie interne.
    • Une radiothérapie classique, externe, en plusieurs séances de courte durée, à raison d’une séance quotidienne (le plus souvent 5 jours par semaine) sur plusieurs semaines, 4 à 8 semaines.
    • Une radiothérapie stéréotaxique permettant de donner une haute dose de radiothérapie en très peu de séances (environ 5 ou 6 au niveau de la prostate) est une technique récente permettant un contrôle équivalent en limitant les effets toxiques ainsi que le nombre de séances.
  • Une surveillance active : dernière option pouvant également être proposée dans le cadre d’un cancer localisé de faible risque chez les personnes diagnostiquées après 70 ans. De fait, de manière générale, les cancers tendent à évoluer plus lentement chez les personnes âgées. La surveillance étant clinique, biologique (PSA) et radiologique (IRM), elle permet de traiter le patient uniquement lorsque la maladie est à risque d’évoluer.

Il est à noter qu’une radiothérapie externe peut venir compléter l’intervention chirurgicale pour éliminer les cellules cancéreuses restantes et réduire les risques de récidive.

Le traitement du cancer de la prostate localisé à risque intermédiaire

Le cancer de la prostate à risque intermédiaire est un cancer localement avancé, score de Gleason 7 (3+4 ou 4+3), Il peut présenter une effraction de la capsule de la prostate, une atteinte d’une ou des vésicules séminales, voire une atteinte ganglionnaire pelvienne. Mais il ne présente ni métastases, ni atteinte des organes distants.

Devant cette situation, après étude de l’ensemble des critères, plusieurs options peuvent être proposées, seules ou en association :

  • Une intervention chirurgicale consistant en une prostatectomie totale associée à une ablation des ganglions ou curage ganglionnaire. Celle-ci est fréquemment complétée par une radiothérapie externe dite adjuvante, qui intervient à la suite de l’intervention chirurgicale, pour éliminer les éventuelles cellules cancéreuses restantes.
  • Une radiothérapie localisée exclusive (classique, par stéréotaxie ou par curiethérapie, peut être discutée en cas de facteurs de bon pronostic).
  • Une radiothérapie externe associée à une hormonothérapie (de première génération) est le traitement standard dans la plupart des situations de ce groupe intermédiaire. L’hormonothérapie est un traitement permettant de bloquer les hormones masculines, les androgènes, afin de bloquer la croissance des cellules tumorales. Elle se réalise par injection sous la peau ou dans un muscle. La durée de l’hormonothérapie varie selon les facteurs pronostics.

Le traitement du cancer de la prostate métastatique

De même qu’un cancer plus localisé, le cancer de la prostate métastatique, dit de stade IV, peut être traité de différentes façons :

  • Une hormonothérapie de première génération est habituellement instaurée en première intention. Comme expliqué précédemment, elle permet de bloquer le développement des cellules tumorales en bloquant les hormones. Elle se fait par injection sous-cutanée ou intramusculaire de façon mensuelle, trimestrielle ou semestrielle.
  • Une hormonothérapie de seconde génération, donnée par comprimés à avaler, est classiquement associée à l’hormonothérapie de première génération, permettant un double blocage des hormones par des mécanismes complémentaires.
  • En cas de maladie très avancée, une chimiothérapie peut être réalisée, en association avec de l’hormonothérapie, d’emblée ou en seconde intention lors d’une progression sous hormonothérapie.
  • En cas de troubles urinaires, une chirurgie locale de la prostate est parfois indiquée.
  • De même, une radiothérapie locale de la prostate à visée de contrôle local, ou une radiothérapie de localisations secondaires à visée antalgique peuvent être proposées. Effectivement, la radiothérapie externe permet alors surtout de réduire la douleur et, dans certains cas, de restaurer partiellement le fonctionnement des organes lésés.

Le cancer de la prostate, suivi et surveillance

Le suivi et la surveillance après un cancer de la prostate sont des aspects cruciaux de la prise en charge de maladie, et des facteurs clés de la guérison durable du patient.

Bien que des visites médicales régulières puissent sembler pénibles aux yeux du patient, elles s’avèrent d’autant plus importantes qu’il existe des alternatives efficaces pour traiter les tumeurs récidivantes à des stades précoces, telles que la radiothérapie stéréotaxique.

Par ailleurs, le suivi revêt également une importance particulière lorsque la surveillance active est l’unique protocole de prise en charge mis en œuvre, une stratégie relativement commune dans la lutte contre le cancer de la prostate.

La surveillance doit alors être rigoureuse, car il ne s’agit certainement pas d’abandonner le patient avec sa maladie, mais bien de lui épargner un traitement lourd tant qu’il ne s’avère pas nécessaire, tout en s’assurant de pouvoir faire marche arrière à temps si la maladie venait à devenir problématique.

Les examens cliniques post-cancer de la prostate

Les examens cliniques consistent à procéder à un interrogatoire visant à rechercher d’éventuels symptômes d’une récidive ou d’effets secondaires du traitement, ainsi qu’à un examen général des ganglions lymphatiques et de l’abdomen.

Il est courant de réaliser une mesure du dosage PSA au cours de l’examen clinique. La surveillance du taux de PSA peut, en effet, permettre de détecter une récidive biologique précocement.

L’examen clinique de suivi est effectué tous les 3 à 6 mois durant 5 ans selon le profil du patient, la nature du cancer et le protocole de traitement mis en œuvre. Le suivi comprend au moins un toucher rectal annuel.

Le risque de récidive diminue drastiquement au bout de 5 ans, ce qui permet d’espacer les examens cliniques à 1 fois par an.

Les examens d’imagerie médicale post-cancer de la prostate

En cas de bon contrôle biologique du taux de PSA, Il n’est pas nécessaire de réaliser d’examens d’imagerie.

Si le dosage de PSA révèle un taux anormal, une IRM prostatique, un TEP scanner ou un scanner thoraco-abdomino-pelvien associé à une scintigraphie osseuse, peuvent être proposés pour chercher des modifications au niveau de la prostate, des ganglions lymphatiques, mais également rechercher des métastases notamment au niveau osseux. Les métastases osseuses étant les plus fréquemment rencontrées à la suite d’un cancer de la prostate.

Suivi et surveillance post-cancer de la prostate : consignes particulières

Tout au long du suivi et de la surveillance post-cancer de la prostate, le patient doit pouvoir être orienté vers des soins de support adaptés.

Les soins de supports permettent de prendre en charge toutes les problématiques liées à la santé physique et mentale du patient qui n’ont pas directement trait à la médecine oncologique.

Le patient peut ainsi bénéficier d’un soutien psychologique pour surmonter l’anxiété et le traumatisme de la maladie, ainsi que les séquelles laissées par les traitements lourds.

Il peut également avoir accès à des thérapies destinées à traiter des troubles occasionnés par les traitements contre le cancer et/ou le cancer lui-même.

Les troubles urinaires (incontinence, difficultés et/ou douleurs à la miction, etc.) et sexuels (dysfonctionnements érectiles, infertilité, etc.) sont communs après un traitement contre le cancer de la prostate.

Les soins de support, qu’ils visent à prendre en charge une détresse émotionnelle ou à favoriser une récupération fonctionnelle, peuvent aider le patient à retrouver une bonne qualité de vie, à mieux accepter certains changements ou à retrouver davantage de confort dans sa vie quotidienne et intime.

 

Le cancer de la prostate n’est pas le plus dangereux des cancers, et offre même un très bon pronostic. Toutefois, sa prise en charge peut nécessiter l’utilisation de thérapies lourdes, susceptibles d’engendrer des séquelles difficiles à vivre, voire invalidantes.

Le suivi post-cancer permet non seulement de surveiller l’apparition de récidives, mais aussi de traiter les séquelles dues aux traitements et d’accompagner le patient dans son retour à la vie normale.

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