La bilirubine est un pigment naturellement produit par l’organisme lors de la dégradation des globules rouges en fin de vie. Ce processus libère notamment l’hémoglobine, dont une partie est transformée en bilirubine. Cette bilirubine circule ensuite dans le sang jusqu’au foie, qui joue un rôle central dans sa prise en charge : elle y est transformée pour devenir plus facilement éliminable, puis excrétée principalement dans la bile. La bile est ensuite évacuée vers l’intestin, ce qui permet l’élimination d’une grande partie de la bilirubine par les selles (et, plus indirectement, par les urines).
Le dosage sanguin de la bilirubine fait partie du bilan hépatique. Il est souvent demandé en même temps que d’autres paramètres permettant d’évaluer le fonctionnement du foie et des voies biliaires. Une élévation de la bilirubine peut se manifester cliniquement par un jaunissement de la peau et du blanc des yeux, appelé ictère. Selon le contexte, cette augmentation peut traduire une atteinte du foie (inflammation, altération de la fonction hépatique, souffrance hépatique) ou un obstacle au niveau des voies biliaires, empêchant l’élimination normale de la bile (cholestase). Elle peut aussi être liée à d’autres mécanismes en amont, notamment lorsque la production de bilirubine augmente, ce qui rappelle que les causes d’hyperbilirubinémie sont multiples et qu’une interprétation isolée n’est pas suffisante.
En oncologie, ce dosage a une utilité pratique à plusieurs niveaux. Il permet d’abord de surveiller la tolérance de certains traitements, car de nombreux médicaments peuvent avoir un impact sur le foie, directement ou indirectement. Il peut aussi contribuer à l’évaluation d’une atteinte hépatique liée à la maladie (atteinte du foie, compression ou obstruction biliaire, retentissement général), ou à orienter des explorations lorsque des symptômes apparaissent (ictère, urines foncées, prurit, douleurs, fatigue inhabituelle, anomalies biologiques associées). Le résultat doit toujours être interprété en association avec les autres paramètres du bilan (enzymes hépatiques, marqueurs de cholestase, etc.) et, si nécessaire, avec l’imagerie, car une bilirubine élevée ne correspond pas à une cause unique et nécessite de replacer la donnée dans le contexte clinique global.
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