thérapies par Laser LED de faible énergie pour prévenir les radiodermites

Les thérapies par Laser/LED de faible énergie pour prévenir les radiodermites

septembre 5, 2024

Docteur Ilan Darmon

On regroupe, sous le terme de radiodermites, toutes les affections cutanées provoquées par un traitement de radiothérapie. Ces dernières peuvent induire une variété de symptômes de nature et de sévérité diverses, mais qui tendent à apparaître tardivement et à s’aggraver avec le temps.

Avec l’amélioration constante de l’espérance de vie des patients atteints de cancers, la qualité de vie après la maladie s’affirme de plus en plus comme un axe primordial de leur prise en charge. La réduction des risques d’apparition de radiodermites s’inscrit pleinement dans ces nouvelles préoccupations.

La radiodermite, définition ?

Les causes et les mécanismes de la radiodermite

La radiodermite est un ensemble de troubles cutanés provoqués par la radiothérapie, un des traitements fondamentaux de la lutte contre le cancer. Cette affection peut prendre plusieurs formes, survenir précocement ou tardivement, et adopter différents degrés de gravité.

Près de 95 % des patients traités par radiothérapie souffriront d’une radiodermite, de sévérité variable. La gravité des lésions dépend de multiples facteurs, dont la dose d’irradiation administrée, la surface de peau irradiée et l’état de santé global du patient.

Les causes de la radiodermite sont une destruction des cellules composant la couche basale inférieure du derme par les rayons ionisants utilisés pour détruire les cellules cancéreuses.

De fait, en cas de radiothérapie externe, la plus couramment pratiquée, les irradiations sont administrées à travers la peau. Le derme est donc en première ligne pour recevoir des rayons ionisants ciblant la tumeur, et peut en être plus ou moins affecté.

Les cellules de la couche basale inférieure du derme sont destinées à assurer le remplacement des cellules de la couche superficielle. Aussi, les symptômes de la radiodermite apparaissent souvent tardivement, en fin de traitement, lorsque ces cellules se trouvent incapables de remplir leur rôle.

Lire notre article sur : Les effets secondaires de la radiothérapie

Types et symptômes de la radiodermite

On distingue la radiodermite aiguë, qui survient dans les jours ou les semaines suivant le début du traitement et provoque des symptômes sévères, de la radiodermite chronique, qui apparaît des mois ou des années après la fin du traitement, et débute habituellement par des symptômes modérés qui s’aggravent avec le temps.

Chronique ou aiguë, il existe différents types de radiodermite, dont les plus communes sont la radiodermite sèche, la radiodermite exsudative (humide) et la radionécrose aiguë.

La radiodermite peut se traduire par une palette de symptômes allant des rougeurs, sécheresses, desquamations et démangeaisons aux ulcères et lésions pouvant se compliquer d’infections bactériennes.

Il est important de noter que l’apparition de la radiodermite chronique peut être favorisée par un facteur déclenchant, tel qu’une exposition au soleil ou un traumatisme cutané.

Il convient donc de veiller à bien protéger sa peau du soleil et d’en prendre particulièrement soin après un traitement de radiothérapie.

Lire aussi : Les effets secondaires de la radiothérapie sur la peau et les ongles

radiodermite et photobiomodulation

La photobiomodulation, qu’est-ce que c’est ?

Principe de la photobiomodulation

La photobiomodulation, également nommée thérapies par laser/LED de faible énergie, est une technologie innovante, non abrasive et indolore, qui consiste à stimuler les capacités de guérison de la peau en l’exposant à une lumière artificielle.

Ce traitement consiste à exposer les cellules cutanées à une lumière d’une longueur d’onde spécifique qui vient stimuler leur activité pour accélérer leur guérison. Ce sont habituellement les rayons infrarouges qui sont utilisés, car ils pénètrent les couches profondes de la peau.

Utilisations et avantages de la photobiomodulation laser

Cette thérapie repose sur l’utilisation de sources de lumière non ionisantes, telles que le laser et les LED, et permet de sélectionner les ondes adaptées à chaque situation, en fonction de leurs effets photoélectriques sur le métabolisme cellulaire.

Administrées à des doses non thermiques, les ondes ne brulent pas, n’irradient pas et ne produisent pas d’effets secondaires. À l’heure actuelle, la thérapie par Laser ou LED de faible énergie est utilisée tant en milieu médical que dans le secteur cosmétique, ainsi qu’en psychiatrie (luminothérapie).

Les effets de la photobiomodulation sur la radiodermite

La photobiomodulation permet d’améliorer la réponse immunitaire de la peau et de réduire l’inflammation pouvant survenir en réponse à l’agressivité du traitement de radiothérapie.

Ainsi, cette thérapie est mobilisée pour réduire la sévérité des symptômes de la radiodermite, voire pour prévenir l’apparition de cet effet secondaire de la radiothérapie.

À l’heure actuelle, ses bénéfices sont démontrés dans la prise en charge des mucites radioinduites (inflammation des muqueuses provoquées par la radiothérapie), l’épithéliite aiguë (inflammation de la surface de la peau et des muqueuses), ainsi que des lymphœdèmes induits par mastectomie.

Il s’agit d’une technologie innovante, dont le champ d’application est encore à l’étude. À l’avenir, son utilisation pourrait être étendue à la prise en charge d’autres effets secondaires de traitements anticancéreux ou affections cutanées de nature inflammatoire.

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2e avis pour un cancer colorectal

2e avis pour un cancer colorectal

Ce qu’il faut retenir

Le cancer colorectal (côlon et rectum) est le 3e cancer le plus fréquent en France chez l’homme et le 2e chez la femme. Il se développe souvent à partir d’un polype adénomateux et se manifeste par des troubles du transit, des saignements ou des douleurs abdominales. Le diagnostic repose sur la coloscopie et l’imagerie médicale. Le traitement combine chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie et thérapies ciblées. Solliciter un deuxième avis médical permet de valider le diagnostic, d’explorer toutes les options thérapeutiques et de mieux appréhender les impacts sur la qualité de vie, notamment en cas de colostomie ou de rechute.

  • Le cancer colorectal résulte dans plus de 80 % des cas de la transformation maligne d’un polype adénomateux.
  • Les principaux symptômes sont : troubles du transit, sang dans les selles, douleurs abdominales et fatigue inexpliquée.
  • La coloscopie est l’examen clé pour poser le diagnostic et réaliser des biopsies.
  • Le traitement est multidisciplinaire : chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie et thérapies ciblées, selon le stade et la localisation.
  • Un deuxième avis médical aide à valider le diagnostic, à choisir la meilleure stratégie thérapeutique et à préserver la qualité de vie.
  • Chirurgiens digestifs, oncologues, radiothérapeutes, gastroentérologues et pathologistes collaborent dans la prise en charge du cancer colorectal.
Facteurs de risque et prévention du cancer de l’estomac

Facteurs de risque et prévention du cancer de l’estomac

Ce qu’il faut retenir

Le cancer de l’estomac est favorisé par plusieurs facteurs de risque identifiés : l’infection à Helicobacter pylori (principal facteur infectieux), une alimentation riche en sel et en aliments transformés, le tabac, l’alcool, et des antécédents familiaux ou génétiques. Certaines maladies chroniques gastriques et les antécédents de chirurgie de l’estomac augmentent également ce risque. La prévention repose sur l’éradication de H. pylori chez les personnes à risque, l’arrêt du tabac, la réduction de l’alcool et une alimentation équilibrée riche en végétaux. Un dépistage systématique n’est pas recommandé en France, mais une surveillance ciblée est indiquée dans les populations à risque.

  • Helicobacter pylori est le principal facteur de risque infectieux : il provoque une inflammation chronique pouvant évoluer en lésions précancéreuses.
  • Une alimentation riche en sel, aliments fumés, marinés ou en nitrites favorise la transformation cellulaire de la muqueuse gastrique.
  • Tabac et alcool augmentent le risque de cancer gastrique, notamment au niveau du cardia ; leur association multiplie ce risque.
  • Les antécédents familiaux et certaines mutations génétiques (CDH1, syndrome de Lynch) justifient une surveillance endoscopique renforcée.
  • Les maladies gastriques chroniques (gastrite atrophique, maladie de Ménétrier) et les antécédents de gastrectomie partielle sont des facteurs de risque supplémentaires.
  • Le dépistage systématique n’est pas recommandé en France, mais un dépistage ciblé de H. pylori est conseillé chez les personnes à risque ou issues de zones à forte incidence.
Cellules CAR-T (Car T cells) et tumeurs solides : l’espoir est-il fondé ?

Cellules CAR-T (Car T cells) et tumeurs solides : l’espoir est-il fondé ?

Ce qu’il faut retenir

Les cellules CAR-T sont une thérapie révolutionnaire pour certains cancers du sang, mais leur utilisation pour les tumeurs solides est plus difficile. Cependant, des avancées récentes offrent des perspectives prometteuses.

  • Les défis majeurs incluent l’hétérogénéité tumorale et le microenvironnement immunosuppresseur.
  • Des résultats encourageants sont observés dans le glioblastome et certains cancers gastriques.
  • La recherche se concentre sur les CAR-T de nouvelle génération et les combinaisons thérapeutiques.
  • Bien qu’elles ne soient pas encore courantes, les CAR-T représentent une thérapie prometteuse.
Les vaccins préventifs contre le cancer, où en sommes-nous en 2026 ?

Les vaccins préventifs contre le cancer, où en sommes-nous en 2026 ?

Ce qu’il faut retenir

Cet article de 2026 examine les avancées en matière de vaccins préventifs contre le cancer, en mettant l’accent sur ceux ciblant les virus HPV et VHB, et sur les recherches prometteuses concernant le VEB.

  • Les vaccins contre le HPV et le VHB sont approuvés et réduisent les cancers liés à ces virus.
  • Le vaccin contre le HPV a prouvé son efficacité dans la prévention des cancers du col de l’utérus.
  • Des recherches sont en cours pour développer un vaccin contre le virus d’Epstein-Barr (VEB).
  • Le VEB est associé à plusieurs types de cancer, faisant du vaccin une priorité.
Facteurs de risque et prévention du cancer de l’estomac

Facteurs de risque et prévention du cancer de l’estomac

Ce qu’il faut retenir:

L’article sur les facteurs de risque et la prévention du cancer de l’estomac met en lumière les principaux éléments pour réduire les risques de cette maladie digestive grave.

  • Helicobacter pylori : Infection bactérienne chronique, facteur de risque majeur ; son éradication par antibiotiques prévient efficacement le cancer.
  • Habitudes alimentaires et mode de vie : Tabac, alcool excessif, aliments salés/fumés augmentent les risques ; privilégier fruits/légumes frais.
  • Surveillance : Dépistage endoscopique pour personnes à risque élevé (gastrite atrophique, antécédents familiaux).

Docteur Ilan Darmon

Le Docteur Ilan Darmon fait partie de l'équipe médicale de l'Institut HORG qu’il a rejoint depuis 2018, après 3 années d’exercice à l'Institut Curie Paris comme Praticien Assistant Spécialiste des Centre de Lutte Contre le Cancer (CLCC).