Cancer des testicules chez les adolescents

Cancer des testicules chez les adolescents et jeunes adultes

juillet 9, 2026

Dr Clémentine Besnard

Quels sont les signes d’un cancer du testicule chez l’adolescent ?

La plupart du temps, le premier signe d’un cancer du testicule est la découverte d’une masse indurée et non douloureuse dans un testicule. L’adolescent remarque parfois un testicule plus gros, une tension inhabituelle ou une modification de la consistance. Un inconfort diffus accompagné parfois d’asthénie, même sans douleur franche, peut alerter.

Certaines tumeurs produisent de l’hormone hCG responsable d’une gynécomastie, parfois la seule manifestation visible au départ. Dans d’autres cas, le cancer est identifié lors d’un bilan d’hypofertilité ou par la découverte d’un ganglion sus-claviculaire ou abdominal.

Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de cancer du testicule :

  • Cryptorchidie (testicule non descendu) non traitée dans l’enfance,
  • Atrophie testiculaire liée à une infection ou un traumatisme,
  • Certaines anomalies génétiques,
  • Infection par le VIH.

Toutefois ces éléments n’expliquent pas la majorité des cas, mais l’association avec une anomalie testiculaire doit toujours motiver une consultation rapide.

Une augmentation du volume d’un testicule auparavant atrophique représente un signal d’alerte et il faut pousser les investigations.

Comment est posé le diagnostic d’un cancer du testicule ?

Le diagnostic de tumeur du testicule repose sur plusieurs étapes :

Examen clinique

Le médecin palpe séparément les deux testicules pour différencier une atteinte intratesticulaire d’une inflammation de l’épididyme. Il évalue aussi la sensibilité, le volume et la régularité de la glande.

Échographie scrotale bilatérale

L’échographie confirme l’existence d’une lésion et en précise la taille. Elle permet de repérer une masse suspecte même en l’absence de douleur. Cet examen reste déterminant pour orienter la suite de la prise en charge.

Dosage des marqueurs tumoraux

Les marqueurs tumoraux tels que l’AFP, les hCG totales et la LDH aident à en savoir plus sur la tumeur, à suivre la réponse aux traitements et à repérer une éventuelle rechute après la fin du parcours de soins.

Bilan d’extension

Un scanner TAP peut être demandé pour rechercher une propagation vers les ganglions lombo-aortiques, les poumons ou d’autres organes, caractéristique d’un cancer métastatique.

Si l’échographie confirme une lésion suspecte de malignité, l’orchidectomie par voie inguinale est proposée sans réaliser de biopsie pour éviter une dissémination dans le scrotum.

Les échographies et scanners sont systématiquement relus en RCP avec les médecins du Centre de radiothérapie d’île de France HORG pour identifier au plus vite une atteinte ganglionnaire débutante et adapter immédiatement le protocole de traitement aux adolescents.

Étapes du diagnostic d'un cancer du testicule chez l'adolescent

Étape Examen / Acte Objectif principal
1 Examen clinique Palper les testicules, évaluer la lésion
2 Échographie scrotale bilatérale Confirmer et localiser la masse suspecte
3 Dosage des marqueurs tumoraux Mesurer AFP, hCG totales et LDH
4 Scanner TAP (bilan d'extension) Rechercher ganglions ou métastases
5 Orchidectomie par voie inguinale Retirer le testicule et analyser la tumeur

Quels traitements pour un cancer du testicule chez l’adolescent ?

Chez les adolescents, la prise en charge repose sur les mêmes principes que chez l’adulte jeune car le comportement des tumeurs germinales est similaire.

Orchidectomie pour cancer des testicules

Elle consiste à retirer le testicule atteint et réaliser une analyse histologique précise. Dans certains cas, un curage rétropéritonéal est nécessaire pour retirer des ganglions atteints.

Radiothérapie pour cancer des testicules

Elle concerne principalement les tumeurs séminomateuses localisées ou certains stades II, et ses effets secondaires de la radiothérapie doivent être anticipés chez les adolescents. Les autres formes y répondent moins.

Chimiothérapie du cancer du testicule

Les tumeurs non séminomateuses nécessitent souvent une chimiothérapie, même lorsqu’elles paraissent limitées au testicule. Les séminomes peuvent également être traités par chimiothérapie si la maladie n’est plus strictement localisée.

L’équipe médicale du Centre de radiothérapie HORG ajuste les traitements, y compris la protonthérapie, en fonction de l’évolution des marqueurs et de l’imagerie afin d’éviter un surtraitement et de sécuriser les fonctions hormonales et reproductives des adolescents.

Les tumeurs germinales répondent particulièrement bien aux chimiothérapies à base de cisplatine avec des taux de guérison élevés, même dans les formes avancées.

Traitements du cancer du testicule selon le type de tumeur

Traitement Séminome Non séminome Remarque
Orchidectomie Oui Oui Examen histologique systématique
Radiothérapie Oui (stades I/II) Peu indiquée Séminomes y répondent mieux
Chimiothérapie Si non localisé Souvent nécessaire Base cisplatine, taux guérison élevé
Curage rétropéritonéal Rare Possible Si ganglions atteints

Cancer du testicule et préservation de la fertilité

À cet âge, les traitements peuvent interférer avec la production de spermatozoïdes et il est nécessaire d’évaluer rapidement les options de préservation de la fertilité de l’adolescent. Le recueil de sperme est proposé avant l’orchidectomie (ablation chirurgicale du testicule) et avant toute chimiothérapie, même lorsque le testicule restant semble fonctionnel.

Le recueil demande une organisation adaptée à l’âge du patient :

  • Abstinence recommandée de 3 à 5 jours
  • Autorisation parentale obligatoire pour les mineurs
  • Possibilité de rencontrer un psychologue
  • Entretien individuel possible sans la présence des parents

À l’accueil, le patient est informé du déroulement. Le stress est fréquent, ce qui est parfaitement normal. Après avoir uriné et s’être lavé les mains puis le pénis, le recueil se fait par masturbation, dans une pièce dédiée. Des supports visuels peuvent être fournis ou apportés.

Si l’éjaculation est difficile lors du premier rendez-vous, un second est proposé. Lorsque le volume ou la mobilité sont insuffisants, plusieurs recueils peuvent être nécessaires.

Le sperme est ensuite analysé, conditionné en paillettes et conservé à -196 °C. Les centres rappellent chaque année la nécessité de confirmer la poursuite de la conservation, surtout en cas de changement d’adresse.

Des années après la fin des traitements, qui incluent aussi la reprise du travail après un cancer pour les jeunes adultes, un spermogramme de contrôle peut être effectué pour évaluer la récupération de la spermatogenèse. Chez certains adolescents, cette récupération peut prendre du temps.

Protocole de préservation de la fertilité avant traitement chez l'adolescent

Étape Détail Condition / Précision
Abstinence préalable 3 à 5 jours recommandés Avant chaque recueil
Autorisation parentale Obligatoire pour les mineurs Démarche administrative préalable
Entretien psychologique Rencontre avec un psychologue Possible sans présence des parents
Recueil du sperme Par masturbation en salle dédiée Supports visuels possibles
Second recueil si besoin Proposé si échec au premier essai Volume ou mobilité insuffisants
Conservation Paillettes à -196 °C Confirmation annuelle requise
Spermogramme de contrôle Après la fin des traitements Évalue la récupération de la spermatogenèse

Références bibliographiques

  1. Chavarriaga J, Nappi L, Papachristofilou A et al.. « Testicular cancer. ». Lancet. 2025. 406(10498):76-90. PubMed PMID:40451233
  2. Singla N, Bagrodia A, Baraban E et al.. « Testicular Germ Cell Tumors: A Review. ». JAMA. 2025. 333(9):793-803. PubMed PMID:39899286
  3. Batool A, Karimi N, Wu XN et al.. « Testicular germ cell tumor: a comprehensive review. ». Cell Mol Life Sci. 2019. 76(9):1713-1727. PubMed PMID:30671589
  4. Dominik T. Schneider, Gabriele Calaminus, Susanne Koch et al.. « Epidemiologic analysis of 1,442 children and adolescents registered in the German germ cell tumor protocols ». Pediatric Blood & Cancer. 2003. PubMed PMID:14752882

Questions fréquentes sur le Cancer du testicule chez l’adolescent

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Rôle de l’imagerie médicale dans le diagnostic précoce du cancer du péritoine

Rôle de l’imagerie médicale dans le diagnostic précoce du cancer du péritoine

Ce qu’il faut retenir

Le diagnostic du cancer du péritoine repose sur trois examens d’imagerie complémentaires : le scanner abdomino-pelvien (examen de référence), l’IRM abdominale et le TEP-scanner corps entier. Le scanner détecte nodules et épaississements péritonéaux, l’IRM précise la nature des lésions grâce aux séquences de diffusion, et le TEP-scan identifie les zones d’hyperactivité métabolique invisibles au scanner. Les symptômes évocateurs incluent ascite, douleurs abdominales diffuses et amaigrissement inexpliqué. Le cancer du péritoine peut être primitif (mésothéliome, pseudomyxome) ou secondaire à un cancer digestif ou ovarien.

  • Le scanner abdomino-pelvien avec injection de produit de contraste est l’examen de première intention pour diagnostiquer un cancer du péritoine.
  • L’IRM est privilégiée pour détecter les petites lésions et distinguer infiltrations tumorales et phénomènes inflammatoires.
  • Le TEP-scanner (FDG) évalue la diffusion métabolique de la tumeur et repère les localisations secondaires invisibles au scanner.
  • Une ascite inexpliquée sans cause hépatique doit systématiquement faire suspecter une origine tumorale et justifie un bilan d’imagerie.
  • Les marqueurs tumoraux (CA 125, CEA, CA 19-9) orientent le diagnostic mais ne remplacent pas l’imagerie.
  • Certaines formes micronodulaires de carcinose péritonéale restent invisibles au scanner et nécessitent une IRM ou un TEP-scan pour être détectées.

Dr Clémentine Besnard

Le Docteur Clémentine Besnard est Oncologue Radiothérapeute au Centre HORG, elle a aussi exercé en tant que Chef de Clinique Assistante en Oncologie Radiothérapie à l’Hôpital Européen Georges Pompidou, prenant en charge une diversité de pathologies, dont les cancers de la peau et les sarcomes, tout en partageant son expertise universitaire en assurant les enseignements et la formation des étudiants en Médecine de l’Université Paris Descartes. Le Dr Besnard s’engage dans les avancées de sa spécialité en étant membre de la SFRO depuis 2017, et membre active du CORP (club des oncologues radiothérapeutes de Paris).