Quels sont les signes d’un cancer du testicule chez l’adolescent ?
La plupart du temps, le premier signe d’un cancer du testicule est la découverte d’une masse indurée et non douloureuse dans un testicule. L’adolescent remarque parfois un testicule plus gros, une tension inhabituelle ou une modification de la consistance. Un inconfort diffus accompagné parfois d’asthénie, même sans douleur franche, peut alerter.
Certaines tumeurs produisent de l’hormone hCG responsable d’une gynécomastie, parfois la seule manifestation visible au départ. Dans d’autres cas, le cancer est identifié lors d’un bilan d’hypofertilité ou par la découverte d’un ganglion sus-claviculaire ou abdominal.
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de cancer du testicule :
- Cryptorchidie (testicule non descendu) non traitée dans l’enfance,
- Atrophie testiculaire liée à une infection ou un traumatisme,
- Certaines anomalies génétiques,
- Infection par le VIH.
Toutefois ces éléments n’expliquent pas la majorité des cas, mais l’association avec une anomalie testiculaire doit toujours motiver une consultation rapide.
Une augmentation du volume d’un testicule auparavant atrophique représente un signal d’alerte et il faut pousser les investigations.
Comment est posé le diagnostic d’un cancer du testicule ?
Le diagnostic de tumeur du testicule repose sur plusieurs étapes :
Examen clinique
Le médecin palpe séparément les deux testicules pour différencier une atteinte intratesticulaire d’une inflammation de l’épididyme. Il évalue aussi la sensibilité, le volume et la régularité de la glande.
Échographie scrotale bilatérale
L’échographie confirme l’existence d’une lésion et en précise la taille. Elle permet de repérer une masse suspecte même en l’absence de douleur. Cet examen reste déterminant pour orienter la suite de la prise en charge.
Dosage des marqueurs tumoraux
Les marqueurs tumoraux tels que l’AFP, les hCG totales et la LDH aident à en savoir plus sur la tumeur, à suivre la réponse aux traitements et à repérer une éventuelle rechute après la fin du parcours de soins.
Bilan d’extension
Un scanner TAP peut être demandé pour rechercher une propagation vers les ganglions lombo-aortiques, les poumons ou d’autres organes, caractéristique d’un cancer métastatique.
Si l’échographie confirme une lésion suspecte de malignité, l’orchidectomie par voie inguinale est proposée sans réaliser de biopsie pour éviter une dissémination dans le scrotum.
Les échographies et scanners sont systématiquement relus en RCP avec les médecins du Centre de radiothérapie d’île de France HORG pour identifier au plus vite une atteinte ganglionnaire débutante et adapter immédiatement le protocole de traitement aux adolescents.
Étapes du diagnostic d'un cancer du testicule chez l'adolescent
| Étape | Examen / Acte | Objectif principal |
|---|---|---|
| 1 | Examen clinique | Palper les testicules, évaluer la lésion |
| 2 | Échographie scrotale bilatérale | Confirmer et localiser la masse suspecte |
| 3 | Dosage des marqueurs tumoraux | Mesurer AFP, hCG totales et LDH |
| 4 | Scanner TAP (bilan d'extension) | Rechercher ganglions ou métastases |
| 5 | Orchidectomie par voie inguinale | Retirer le testicule et analyser la tumeur |
Quels traitements pour un cancer du testicule chez l’adolescent ?
Chez les adolescents, la prise en charge repose sur les mêmes principes que chez l’adulte jeune car le comportement des tumeurs germinales est similaire.
Orchidectomie pour cancer des testicules
Elle consiste à retirer le testicule atteint et réaliser une analyse histologique précise. Dans certains cas, un curage rétropéritonéal est nécessaire pour retirer des ganglions atteints.
Radiothérapie pour cancer des testicules
Elle concerne principalement les tumeurs séminomateuses localisées ou certains stades II, et ses effets secondaires de la radiothérapie doivent être anticipés chez les adolescents. Les autres formes y répondent moins.
Chimiothérapie du cancer du testicule
Les tumeurs non séminomateuses nécessitent souvent une chimiothérapie, même lorsqu’elles paraissent limitées au testicule. Les séminomes peuvent également être traités par chimiothérapie si la maladie n’est plus strictement localisée.
L’équipe médicale du Centre de radiothérapie HORG ajuste les traitements, y compris la protonthérapie, en fonction de l’évolution des marqueurs et de l’imagerie afin d’éviter un surtraitement et de sécuriser les fonctions hormonales et reproductives des adolescents.
Les tumeurs germinales répondent particulièrement bien aux chimiothérapies à base de cisplatine avec des taux de guérison élevés, même dans les formes avancées.
Traitements du cancer du testicule selon le type de tumeur
| Traitement | Séminome | Non séminome | Remarque |
|---|---|---|---|
| Orchidectomie | Oui | Oui | Examen histologique systématique |
| Radiothérapie | Oui (stades I/II) | Peu indiquée | Séminomes y répondent mieux |
| Chimiothérapie | Si non localisé | Souvent nécessaire | Base cisplatine, taux guérison élevé |
| Curage rétropéritonéal | Rare | Possible | Si ganglions atteints |
Cancer du testicule et préservation de la fertilité
À cet âge, les traitements peuvent interférer avec la production de spermatozoïdes et il est nécessaire d’évaluer rapidement les options de préservation de la fertilité de l’adolescent. Le recueil de sperme est proposé avant l’orchidectomie (ablation chirurgicale du testicule) et avant toute chimiothérapie, même lorsque le testicule restant semble fonctionnel.
Le recueil demande une organisation adaptée à l’âge du patient :
- Abstinence recommandée de 3 à 5 jours
- Autorisation parentale obligatoire pour les mineurs
- Possibilité de rencontrer un psychologue
- Entretien individuel possible sans la présence des parents
À l’accueil, le patient est informé du déroulement. Le stress est fréquent, ce qui est parfaitement normal. Après avoir uriné et s’être lavé les mains puis le pénis, le recueil se fait par masturbation, dans une pièce dédiée. Des supports visuels peuvent être fournis ou apportés.
Si l’éjaculation est difficile lors du premier rendez-vous, un second est proposé. Lorsque le volume ou la mobilité sont insuffisants, plusieurs recueils peuvent être nécessaires.
Le sperme est ensuite analysé, conditionné en paillettes et conservé à -196 °C. Les centres rappellent chaque année la nécessité de confirmer la poursuite de la conservation, surtout en cas de changement d’adresse.
Des années après la fin des traitements, qui incluent aussi la reprise du travail après un cancer pour les jeunes adultes, un spermogramme de contrôle peut être effectué pour évaluer la récupération de la spermatogenèse. Chez certains adolescents, cette récupération peut prendre du temps.
Protocole de préservation de la fertilité avant traitement chez l'adolescent
| Étape | Détail | Condition / Précision |
|---|---|---|
| Abstinence préalable | 3 à 5 jours recommandés | Avant chaque recueil |
| Autorisation parentale | Obligatoire pour les mineurs | Démarche administrative préalable |
| Entretien psychologique | Rencontre avec un psychologue | Possible sans présence des parents |
| Recueil du sperme | Par masturbation en salle dédiée | Supports visuels possibles |
| Second recueil si besoin | Proposé si échec au premier essai | Volume ou mobilité insuffisants |
| Conservation | Paillettes à -196 °C | Confirmation annuelle requise |
| Spermogramme de contrôle | Après la fin des traitements | Évalue la récupération de la spermatogenèse |
Références bibliographiques
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