À partir de quel taux de ferritine faut il s'inquiéter

À partir de quel taux de ferritine faut-il s’inquiéter ?

février 9, 2025

Dr Clémentine Besnard

À partir de quel taux de ferritine faut-il s’inquiéter ? Au-delà de 200 µg/L chez la femme ou 300 µg/L chez l’homme, une ferritine élevée nécessite des investigations complémentaires. Un taux supérieur à 1 000 µg/L impose un bilan approfondi sans délai pour écarter une hémochromatose ou une pathologie sous-jacente.

La ferritine est bien plus qu’un simple chiffre sur une prise de sang. Cette protéine, qui stocke le fer dans l’organisme, peut révéler des déséquilibres discrets, mais parfois lourds de conséquences. Fatigue inexpliquée, infections à répétition, inflammations ou suspicion de cancer : un taux de ferritine anormal nécessite de pousser des investigations. Quand et pourquoi la doser ? Quels seuils doivent alerter ? On fait le point.

Pourquoi et quand mesurer la ferritine ?

Le dosage de la ferritine est souvent prescrit dans un contexte de fatigue persistante, d’infections fréquentes ou de bilan de carence en fer. Chez certains patients, il s’intègre à un suivi oncologique, en particulier en cas de cancers digestifs ou hématologiques.

Ce marqueur permet de vérifier les réserves en fer de l’organisme. Contrairement à la simple mesure du fer sérique, la ferritine offre une vision plus stable et fiable du statut martial.

Elle peut aussi entrer dans l’évaluation d’un syndrome inflammatoire chronique, d’une pathologie hépatique ou d’un trouble métabolique. Chez les femmes, elle est fréquemment analysée en cas de règles abondantes, de grossesse ou après une chirurgie gynécologique. Chez les hommes, un contrôle est parfois recommandé à partir de 50 ans ou en cas de suspicion d’hémochromatose.

Quel est le taux de ferritine « normal » ?

Valeurs de référence selon le sexe

Les valeurs dites normales varient selon le sexe, l’âge et le contexte clinique.

Profil Taux normal Interprétation
Femme adulte 15 à 150 µg/L Réserves en fer adéquates
Homme adulte 30 à 300 µg/L Réserves en fer adéquates
Carence (hypoferritinémie) < 15 µg/L Réserves insuffisantes
Ferritine élevée (femme) > 200 µg/L Investigations recommandées
Ferritine élevée (homme) > 300 µg/L Investigations recommandées
Ferritine très élevée > 1 000 µg/L Bilan urgent nécessaire

En moyenne, on considère qu’un taux de ferritine est normal :

  • Entre 15 et 150 µg/L chez la femme adulte
  • Entre 30 et 300 µg/L chez l’homme adulte

En dessous de ces seuils, on parle d’hypoferritinémie. Au-delà, il s’agit d’hyperferritinémie.

Facteurs influençant l’interprétation

Ces chiffres doivent toutefois être interprétés avec prudence, en tenant compte du contexte. Une inflammation, une chimiothérapie ou une radiothérapie peut faire grimper la ferritine de manière non liée à une surcharge réelle en fer. À l’inverse, un taux dans les normes ne signifie pas forcément que les réserves sont suffisantes : il peut être masqué par un processus inflammatoire ou tumoral. Par ailleurs, certains laboratoires appliquent des fourchettes légèrement différentes selon les techniques utilisées.

Ferritine basse : quels risques et quelles causes possibles ?

À partir de quel taux parle-t-on de carence en ferritine ?

Un taux de ferritine bas reflète des réserves en fer insuffisantes. En dessous de 15 µg/L chez l’adulte, le diagnostic de carence martiale est souvent posé.

Symptômes d’une ferritine trop basse

Les manifestations cliniques d’une hypoferritinémie sont variées :

  • Fatigue chronique et faiblesse généralisée
  • Essoufflement à l’effort, même modéré
  • Chute de cheveux et ongles cassants
  • Peau pâle et muqueuses décolorées
  • Difficultés de concentration
  • Syndrome des jambes sans repos

Causes principales d’une carence en ferritine

Les origines d’une ferritine basse sont multiples :

  • Pertes sanguines chroniques : règles abondantes, saignement digestif occulte, cancer colorectal
  • Malabsorption intestinale : maladie cœliaque, chirurgie bariatrique, maladie de Crohn
  • Alimentation pauvre en fer
  • Grossesse ou allaitement sans supplémentation adaptée

Chez les patients traités pour un cancer, une hypoferritinémie peut apparaître suite à une anémie post-chimiothérapie ou une radiothérapie. Elle peut aussi compliquer la récupération postopératoire ou altérer la tolérance aux traitements.

Un bilan sanguin plus complet (hémoglobine, VGM, coefficient de saturation de la transferrine) permet de préciser l’origine et l’impact clinique.

Ferritine élevée : faut-il s’inquiéter d’une hyperferritinémie ?

À partir de quel taux de ferritine faut-il s’inquiéter ?

Un taux de ferritine trop élevé – au-delà de 300 µg/L chez l’homme ou de 200 µg/L chez la femme – n’est pas toujours synonyme de surcharge en fer. Ce chiffre peut révéler une inflammation aiguë ou chronique, un trouble métabolique ou encore un processus tumoral actif.

Néanmoins, lorsque le taux dépasse 1 000 µg/L sans cause évidente, un dépistage ciblé est recommandé, notamment pour rechercher une hémochromatose génétique ou une pathologie maligne sous-jacente.

Trop de fer dans le sang : symptômes d’une ferritine haute

Contrairement à la carence en fer qui provoque des symptômes marqués, l’excès de ferritine peut rester longtemps asymptomatique. Lorsque des manifestations apparaissent, elles peuvent inclure :

  • Fatigue persistante et faiblesse musculaire
  • Douleurs articulaires, notamment aux doigts et aux poignets
  • Pigmentation brunâtre de la peau (teint grisâtre)
  • Troubles hépatiques : douleurs abdominales, hépatomégalie
  • Troubles cardiaques : arythmies, insuffisance cardiaque (stades avancés)
  • Troubles endocriniens : diabète, dysfonction sexuelle, hypothyroïdie
  • Douleurs abdominales chroniques

Important : Ces symptômes n’apparaissent généralement que lorsque la surcharge en fer est significative et prolongée. Une ferritine élevée liée à une inflammation peut ne provoquer aucun symptôme spécifique lié au fer lui-même.

Causes d’une ferritine élevée

Voici les causes les plus fréquentes d’hyperferritinémie :

  • Hémochromatose héréditaire
  • Syndrome inflammatoire chronique (polyarthrite rhumatoïde, lupus, cancer)
  • Atteinte hépatique (hépatite, stéatose, cirrhose)
  • Alcoolisme chronique
  • Syndrome métabolique et diabète de type 2
  • Traitements cytotoxiques

Chez les patients suivis en oncologie, une hyperferritinémie peut apparaître transitoirement après certains gestes opératoires, sous traitement antinéoplasique ou lors d’une rechute. Elle doit alors être corrélée à d’autres marqueurs, notamment la CRP et les enzymes hépatiques.

Que faire en cas de ferritine anormale ?

Examens complémentaires nécessaires

Face à une ferritine anormale, votre médecin prescrira généralement :

  • Bilan martial complet : fer sérique, coefficient de saturation de la transferrine, capacité totale de fixation
  • Hémogramme (NFS) : pour évaluer hémoglobine, VGM, taux de réticulocytes
  • Bilan inflammatoire : CRP, vitesse de sédimentation
  • Bilan hépatique : transaminases, gamma-GT, bilirubine
  • En cas de suspicion d’hémochromatose : recherche de mutation du gène HFE

Quand consulter en urgence ?

Une consultation rapide s’impose si :

  • La ferritine dépasse 1 000 µg/L sans cause évidente
  • Des symptômes sévères apparaissent : douleurs abdominales intenses, troubles cardiaques, altération de l’état général
  • Une perte de poids rapide et inexpliquée accompagne l’anomalie
  • Des antécédents familiaux d’hémochromatose sont connus

Pathologies associées à un trouble de la ferritine

Les variations de ferritine ne sont jamais anodines. Elles peuvent refléter un déséquilibre biologique parfois profond.

Hypoferritinémie :

  • Anémie ferriprive
  • Maladies inflammatoires chroniques
  • Cancers hématologiques ou digestifs
  • Troubles de l’absorption

Hyperferritinémie :

  • Hémochromatose
  • Cancers solides (foie, pancréas, poumon, sein)
  • Syndromes myélodysplasiques
  • Infections sévères (Covid-19…)
  • Pathologies auto-immunes

Mais la ferritine seule ne suffit pas pour établir un diagnostic : elle doit toujours être interprétée en fonction du contexte clinique, des antécédents personnels médicaux du patient et d’un examen médical approfondi.

Ferritine et cancer : quel lien ?

En oncologie, la ferritine ne constitue pas un marqueur spécifique de cancer, mais elle peut être un signal d’alerte quand elle s’associe à d’autres anomalies : perte de poids involontaire, douleurs inexpliquées, altération de l’état général

Certaines tumeurs (foie, pancréas, sein, rein, voies digestives) peuvent s’accompagner d’une hyperferritinémie liée à la destruction cellulaire, à une réponse inflammatoire ou à une atteinte hépatique. Dans les cancers hématologiques (lymphome, leucémie, myélome), l’élévation peut traduire une infiltration de la moelle osseuse ou une surcharge en fer liée aux transfusions répétées.

Par ailleurs, certains traitements anticancéreux, comme la chimiothérapie, l’immunothérapie ou la radiothérapie, influencent la synthèse hépatique de ferritine, ce qui complique parfois l’interprétation. Dans ce contexte, le dosage est plutôt utilisé pour surveiller l’état inflammatoire global ou évaluer une toxicité hépatique.

Chez les patients atteints d’un cancer, un suivi régulier de la ferritine permet de mieux ajuster les traitements, en particulier en cas d’anémie persistante ou de suspicion de surcharge martiale due aux transfusions répétées.

Questions fréquentes sur la ferritine

4.3/5 - (25 votes)
Facteurs de risque et prévention du cancer de l’estomac

Facteurs de risque et prévention du cancer de l’estomac

Ce qu’il faut retenir:

L’article sur les facteurs de risque et la prévention du cancer de l’estomac met en lumière les principaux éléments pour réduire les risques de cette maladie digestive grave.

  • Helicobacter pylori : Infection bactérienne chronique, facteur de risque majeur ; son éradication par antibiotiques prévient efficacement le cancer.
  • Habitudes alimentaires et mode de vie : Tabac, alcool excessif, aliments salés/fumés augmentent les risques ; privilégier fruits/légumes frais.
  • Surveillance : Dépistage endoscopique pour personnes à risque élevé (gastrite atrophique, antécédents familiaux).

Dr Clémentine Besnard

Le Docteur Clémentine Besnard est Oncologue Radiothérapeute au Centre HORG, elle a aussi exercé en tant que Chef de Clinique Assistante en Oncologie Radiothérapie à l’Hôpital Européen Georges Pompidou, prenant en charge une diversité de pathologies, dont les cancers de la peau et les sarcomes, tout en partageant son expertise universitaire en assurant les enseignements et la formation des étudiants en Médecine de l’Université Paris Descartes. Le Dr Besnard s’engage dans les avancées de sa spécialité en étant membre de la SFRO depuis 2017, et membre active du CORP (club des oncologues radiothérapeutes de Paris).