Contrairement à une idée reçue, il n’est généralement pas nécessaire d’arrêter toute activité physique pendant une radiothérapie. Bien au contraire, bouger régulièrement, à son rythme, peut aider à réduire la fatigue, préserver la force musculaire et améliorer le bien-être pendant les traitements.
Mais quels exercices privilégier ? Est-ce sans danger ? Et comment adapter son activité lorsque la fatigue s’installe ? Voici les réponses aux trois questions les plus fréquentes.
1. L’activité physique est-elle sans danger pendant une radiothérapie ?
Oui, dans la grande majorité des cas, l’activité physique est possible et recommandée pendant la radiothérapie, à condition qu’elle soit adaptée à l’état de santé et aux capacités de chaque patient.
Plusieurs études scientifiques ont montré que les programmes d’activité physique adaptée (APA) sont généralement bien tolérés pendant les traitements, avec peu d’effets indésirables liés à l’exercice. Les données restent cependant limitées pour la radiothérapie seule. La revue Cochrane publiée en 2023 sur ce sujet ne repose que sur trois études, et celles qui ont recherché des effets indésirables liés à l’exercice n’en ont pas rapporté, avec un niveau de preuve jugé très faible.
L’APA désigne une activité physique personnalisée, tenant compte de la maladie, des traitements et des capacités individuelles. Elle peut être proposée à des personnes sportives comme à celles qui n’ont jamais pratiqué d’exercice régulièrement. Selon la Haute Autorité de Santé, le médecin peut prescrire un programme d’APA fondé sur l’endurance et le renforcement musculaire. Ce programme est encadré par un professionnel formé, l’enseignant en APA, qui évalue au préalable les capacités et les besoins du patient.
Certaines précautions restent néanmoins indispensables. La fatigue, les douleurs, les troubles digestifs ou l’essoufflement peuvent évoluer au fil des séances de radiothérapie.
Il est donc important de demander conseil à son équipe médicale, particulièrement en cas de maladie cardiaque, de métastases osseuses, d’anémie importante ou de difficultés à se déplacer.
L’objectif n’est pas de réaliser une performance sportive, mais de continuer à bouger en toute sécurité.
2. Quels exercices privilégier pendant la radiothérapie ?
Les recommandations scientifiques privilégient l’association de deux types d’activités complémentaires.
Les exercices d’endurance pour entretenir son énergie
La marche, le vélo d’appartement ou la natation, lorsque celle-ci est autorisée par l’équipe médicale, permettent d’entretenir les capacités cardiovasculaires et respiratoires.
Ces activités peuvent notamment contribuer à :
- Réduire la sensation de fatigue.
- Maintenir la capacité à marcher et à réaliser les activités quotidiennes.
- Améliorer le bien-être physique et psychologique.
La marche constitue souvent un excellent point de départ. Quelques minutes par jour peuvent déjà être utiles.
Le renforcement musculaire pour préserver sa force
Les exercices de renforcement musculaire sont également importants. Ils aident à limiter la perte de force et à préserver l’autonomie.
Ils peuvent prendre différentes formes. Il peut s’agir de se lever et s’asseoir plusieurs fois d’une chaise, de réaliser des mouvements avec des bandes élastiques ou d’utiliser de petites charges adaptées.
Les exercices doivent être choisis en fonction des capacités du patient et des éventuelles restrictions médicales.
L’association de l’endurance et du renforcement musculaire semble particulièrement intéressante, notamment pour réduire la fatigue et préserver les capacités physiques.
Des activités plus douces, comme le yoga adapté ou la gymnastique douce, peuvent aussi trouver leur place dans un programme personnalisé.
Les activités recommandées pendant la radiothérapie
| Type d'activité | Objectif | Exemples | Repère, si l'état de santé le permet |
|---|---|---|---|
| Endurance | Entretenir les capacités cardiovasculaires et respiratoires, réduire la sensation de fatigue | Marche, vélo d'appartement, natation si l'équipe médicale l'autorise | Tendre vers 150 minutes d'intensité modérée par semaine |
| Renforcement musculaire | Limiter la perte de force et préserver l'autonomie | Se lever et s'asseoir d'une chaise, bandes élastiques, petites charges adaptées | Deux séances par semaine, adaptées aux capacités |
| Activités douces | Compléter le programme selon les besoins | Yoga adapté, gymnastique douce, mobilité et étirements | Selon les besoins et le ressenti |
3. Combien de temps faut-il pratiquer pour réduire la fatigue ?
C’est l’une des questions les plus importantes pour les patients.
La fatigue liée au cancer et à la radiothérapie est fréquente. Elle peut apparaître progressivement, augmenter pendant le traitement et parfois persister plusieurs semaines après sa fin.
Même si cela paraît paradoxal, une activité physique régulière peut aider à combattre cette fatigue. La Haute Autorité de Santé la présente même comme le seul traitement efficace contre la fatigue, qu’elle soit liée à la maladie ou à ses traitements.
Plusieurs études, notamment chez des patientes traitées pour un cancer du sein et chez des hommes traités pour un cancer de la prostate, ont montré des bénéfices sur la fatigue et certaines capacités physiques. La revue Cochrane de 2023 conclut que l’exercice améliore probablement la fatigue pendant la radiothérapie, avec un niveau de preuve jugé faible.
Les recommandations proposent, lorsque l’état de santé le permet, de tendre progressivement vers :
- 150 minutes d’activité d’endurance modérée par semaine, par exemple 30 minutes de marche cinq jours par semaine.
- Deux séances hebdomadaires de renforcement musculaire, adaptées aux capacités de chacun.
Mais ces chiffres constituent des objectifs, et non une obligation pendant la radiothérapie. L’Institut national du cancer rappelle d’ailleurs qu’une pratique même modeste représente toujours un gain par rapport à la sédentarité.
Une personne très fatiguée peut commencer par cinq à dix minutes de marche, une ou plusieurs fois par jour, puis augmenter progressivement la durée selon sa tolérance.
Un exemple simple pour commencer
Pour un patient dont l’état de santé permet une activité modérée, un programme pourrait comprendre :
- Une marche de 10 à 20 minutes, cinq jours par semaine.
- Deux courtes séances de renforcement musculaire doux.
- Quelques exercices de mobilité et d’étirement, selon les besoins.
- Des jours de récupération ou des séances allégées lorsque la fatigue est plus importante.
Ce programme est simplement un exemple, il doit être adapté à chaque situation.
Les recherches montrent surtout qu’il n’existe pas de programme unique idéal pour tous les patients. Les meilleurs résultats reposent sur une activité régulière, progressive et suffisamment personnalisée pour être poursuivie au fil du traitement.
Faut-il faire du sport même lorsqu’on est fatigué ?
Tout dépend de l’intensité de la fatigue et de son origine.
En cas de fatigue légère ou modérée, une courte marche ou quelques mouvements doux peuvent être bénéfiques. Il n’est donc pas toujours nécessaire d’attendre de se sentir parfaitement en forme pour bouger.
En revanche, une fatigue extrême ou inhabituelle, des vertiges, une fièvre, des douleurs importantes ou un essoufflement anormal doivent conduire à interrompre l’activité et à demander un avis médical. Une douleur thoracique ou un malaise important nécessite une évaluation urgente.
Il est également possible que certains jours soient plus difficiles que d’autres. Le programme d’activité physique doit pouvoir évoluer en fonction des effets secondaires et du ressenti.
Le bon exercice est celui qui correspond à votre état du moment, sans vous mettre en difficulté.
Adapter son activité à son état du jour
| Situation | Conduite à tenir |
|---|---|
| Fatigue légère ou modérée | Une courte marche ou quelques mouvements doux peuvent être bénéfiques |
| Journée plus difficile | Prévoir une séance allégée ou un jour de récupération |
| Fatigue extrême ou inhabituelle, vertiges, fièvre, douleurs importantes, essoufflement anormal | Interrompre l'activité et demander un avis médical |
| Douleur thoracique ou malaise important | Évaluation médicale urgente |
L’activité physique, une composante de l’accompagnement pendant le cancer
La radiothérapie vise à traiter la maladie tumorale. En parallèle, maintenir la meilleure qualité de vie possible représente un objectif essentiel de la prise en charge.
L’activité physique adaptée fait partie des interventions non médicamenteuses recommandées en oncologie. Elle peut être associée, selon les besoins, à un accompagnement nutritionnel, psychologique ou à d’autres disciplines d’accompagnement intégratif.
Les bénéfices les mieux documentés concernent la réduction de la fatigue et le maintien de la condition physique. Les effets sur la qualité de vie sont également encourageants, même si les résultats varient selon les études et les situations cliniques.
Chez HORG, nous encourageons les patients à échanger avec leur oncologue-radiothérapeute sur leurs habitudes d’activité physique et sur les possibilités de les maintenir ou de les adapter pendant leur traitement.
À retenir
Pendant une radiothérapie, il vaut généralement mieux continuer à bouger, même modestement, plutôt que de devenir totalement sédentaire.
La marche, les exercices d’endurance douce et le renforcement musculaire constituent les principales activités recommandées. Leur durée et leur intensité doivent être adaptées aux capacités physiques, aux symptômes et aux éventuelles contre-indications.
Il n’est jamais trop tard pour commencer, même avec quelques minutes par jour.
L’essentiel n’est pas de faire plus, mais de bouger régulièrement, à son rythme et en toute sécurité.
Article d’information médicale. Ces conseils généraux ne remplacent pas une évaluation personnalisée par votre équipe soignante.
Pour aller plus loin
- Haute Autorité de Santé. « Cancer (sein, colorectal, prostate), l’activité physique pour votre santé ». Document usagers. 2022, mis en ligne en 2025. has-sante.fr
- Institut national du cancer. « Bénéfices de l’activité physique pendant et après cancer. Des connaissances scientifiques aux repères pratiques ». Collection États des lieux et des connaissances. 2017. cancer.fr
- Trommer M, Marnitz S, Skoetz N et al.. « Exercise interventions for adults with cancer receiving radiation therapy alone. ». Cochrane Database Syst Rev. 2023. Issue 3. CD013448. DOI 10.1002/14651858.CD013448.pub2